COURIR EN MONTAGNE

--- Le GR20 en 5 jours ---

Jour 1 Calenzana/Asco
21km 3100m+ 2000m-

Version 16 août 2001 en 9 h 16

LUC
Ah ! le premier jour, enfin, après 10 mois de préparation, le départ est là.
Florence nous dépose vers 8 h 30 à Calenzana, au départ du GR20.
Nous sommes 4, un grenoblois, un réunionnais d'adoption, un valentinois(26) et un moûtiérain(73).
La préparation ayant été minutieuse, le début se déroule comme si nous l'avions répété plusieurs fois : recherche des marques rouges et blanches et avancer, avancer, avancer...
Les mille mètres de dénivelé sont avalés rapidement et Calvi s'éloigne au regard. Ce début de Gr20 met dans l'ambiance immédiatement car après le premier col, les premières dalles et passages rocheux se présentent.
Nico nous dit rapidement qu'il ne se sent pas très bien et qu'il a du mal à trouver le bon rythme, il a la tête des mauvais jours mais le groupe progresse à bon rythme. Le premier refuge (Ortu di u Piobbu) nous permet de refaire le plein des poches à eau.
La montée suivante va commencer à faire des dégâts :il fait chaud, Nico ne peut plus rien avaler et ça monte sévère ! La pause casse-croûte se fait au col sous le Capu Ladroncellu. La digestion se fera à faire du "tricot" avec la crête et avec la descente sur le refuge de Carrozzu.
Là, Marc a mal aux jambes et Nico nous demande de nous arrêter 1 heure pour qu'il puisse se remettre et enfin avaler quelque chose. Cette heure de repos le sauvera, nous dira-t-il plus tard.
Réserves d'eau faites, direction la station de ski du haut Asco... La montée est plus que correcte et Nico s'accroche. Le lac de la Muvrella nous laisse perplexes et après une dernière remontée sur une crête, c'est la descente sur la station avec son gîte qui nous attend.
Cette première étape a calmé tout le monde, les chaussures de Luc sont mortes (la semelle se décolle) et le topo va certainement finir comme freesbee si le dénivelé annoncé est toujours aussi fantaisiste.
Yannick NicoNicoNico bis

Version 18 août 2003 en 7 h 43

NICO
Quand décision politique et tourisme sportif se télescopent pour le pire, cela donne des conséquences inattendues, songez plutôt:
Nous arrivons le vendredi 15 août pour un bivouac improvisé à Calenzana quand c'est la stupeur, l'horreur.
Un arrêté préfectoral est là, placardé en moult exemplaires. Il stipule que le gr 20 est fermé jusqu'au dimanche 15 au soir. L' amende pour les contrevenants est dissuasive.
Nous reportons les réservations en espérant pouvoir attaquer le lundi 18. Yannick venu spécialement de la Réunion ne peut différer son billet retour et devra comme il y a 2 ans se contenter des 3 premiers jours. Fait CH…….!!!!!
L' année 2003 fut celle des incendies et le gr 20 en portera les stigmates encore longtemps puisque dès les premiers kilomètres des paysages lunaires carbonisés nous servent de décor. Le départ semble plus prudent qu'il y a 2 ans car Nico fait le tempo de peur de passer une journée de calvaire comme en 2001.
Il n'en sera rien.
Le groupe semble particulièrement homogène puisque nous progressons sans à coup.. et c'est dans un temps identique à 2001 que le refuge d'Ortu est atteint.
Au sommet du col d'AVARTOLI, un élément imprévu et indésirable fait son apparition :LA PLUIE!!!!
Allez vous balader à 1800m sur des crêtes savonneuses à 3h30 de la fin d'étape, surtout si on fait du rab, n'est-ce pas Yannick et Patrick?!!!!!
Brusquement le vent tourne et le soleil chasse ces nuages de mauvaise augure, la descente sur Carrozu peut se faire sur du sec, ouf!!
Nous avons un quart d'heure d'avance sur 2001 mais cette fois-ci, personne n'est entamé et la pause 2001 se résume à une peau de chagrin.
Patrick franchit sa passerelle sans encombre et nous attaquons la dernière montée sur un rythme effréné, T1000 ( Luc) devant, Yannick le métro derrière puis Nico et Pat le guerrier.
Pat finit peut- être un peu plus fatigué que nous trois et commence à se poser des questions sur cette rando- course proposée par Nico en janvier au bord d'une piste de ski de fond!! Il faut dire que l'étape s'est déroulée en 7h 43 soit 1h33 de moins qu'en 2001!!!
Pourvu que ça dure……
CampingAu départà l'attaque

Version 22 juillet 2005 en 8 h 22

DAN et ISA
La Corse était plutôt pour nous une île verticale, où il fait bon grimper.
Mais, faute de combattants, Luc notre gentil organisateur-accompagnateur-guide (comme l’appelleront les randonneurs croisés en chemin) nous proposa ce fameux GR 20 en 5 jours…
Après 10 jours de baignade, nous voici donc avec Luc à Calenzana au départ.
Florence et Delphine s’occuperont des trois loustics et nous rejoindront une fois à Vergio puis, attendront notre arrivée à Conca.
Les premiers mètres s’avalent tranquille.
On suit Luc même si parfois il fait le sanglier. En 1h30, le premier col est atteint et on attend Isa qui s’est offert une petite variante dans le maquis, histoire de bien s’imprégner du biotope corse.
En 2h30, premier refuge (Piobbu) où l’on fait le plein d’eau. Mes chaussures neuves se décollent déjà de même que celles de Luc et Isa. Après du radada et 500m D+, nous voici au col qui sépare Punta Pisciaghia et Capu-Ladroncellu.
Derrière, Calvi se devine encore mais face à nous, l’univers minéral de la Corse du Nord s’étend à perte de vue. Passage au col d’Avartoli puis descente vers le refuge de Carrozzu.
Après une remontée minérale de 800m, on se regroupe au Bocca di Sagnu d’où l’on aperçoit Asco, 600m plus bas. Première étape qui passe bien et ne laisse presque pas de traces sauf pour les chaussures.
La nuit sera trop chaude (à cause d’un radiateur poussé pour sécher les affaires) et bruyante pour Isa et Luc.
LucIsaCorse

Version 6 juillet 2007 en 9 h 11

ISA
Départ de calenzana entre filles (6h45), Flo nous accompagne et ça papotte ! 1er col, 1ère vache corse et c’est parti, on bascule dans un nouveau paysage.
Flo reste avec son MP3, elle retourne vers sa petite famille.
Refuge de l’Ortu tout va bien ; Chantal a du mal à se séparer de 2 chevaux attirés par ses sandwichs.
La liaison avec le refuge de Carrozu, nous met réellement dans le sujet : les cailloux, la chaleur, la solitude (personne sur 360°).
Nous prenons notre rythme de croisière, on est super homogène, quel plaisir ! Dans la descente sur le refuge, un coureur nous complimente, il en sera de même au refuge, ça fait du bien au moral.
Le gardien est lui aussi un coureur, il a bouclé l’utmb 06 en 30h. Je retrouve des connaissances, ça discute, pause photos mais il va falloir s’y remettre.
Cela fait presque 7h que l’on est parti, et il faut s’avaler un 800m de dénivelé très très minéral (comme on aime). La tuyauterie de chantal n’est pas au beau fixe, ça coince.
De plus, chantal se permet une petite variante histoire de rallonger, ça fait parti de la tradition d’un 1er GR (pour ma part c’était en 2005, on en parle encore). Enfin au col bocca di sagnu, on aperçoit Asco 600m plus bas.
Le moral remonte mais il faut en garder et la descente n’est pas si aisée. Arrivées à 16h pour le goûter bien mérité, on s’installe pour récupérer. 1ère journée seules sans notre guide Lucco, on s’est bien débrouillées, on est assez fières de nous.
CHANTAL
Première étape test pour moi, car je pars en terrain inconnu objectivement et subjectivement: mon corps va t-il bien tenir l'enchainement de 2 semi-marathons et 3 marathons successifs ?
Donc nous partons: Chantal, Isabelle, (ma coéquipière et expérimentée de ce genre d'effort) et Florence qui partagera avec nous la première montée au col de Capu Jovu. La journée se déroulera bien, nous commencons avec un pas peu rapide, la baie de Calvi est en arrière plan: c'est Magnifique!
Je reste collée aux enjambées d'Isabelle, je me dis que c'est son rythme qu'il faut prendre pour tenir!
Nous arrivons vers 17H30 au chalet du Haut-Asco,bon accueil,c'est le luxe, repas équilibré et copieux.
Pour cette première journée tout va bien: les pieds, les jambes, le moral.
Nous faisons un peu connaissance avec Isabelle durant la soirée en duo. Nous pensons "aux garçons" Luc et Nicolas qui vont réaliser le GR 20 en 4 jours! Ils partiront cette nuit vers 2H du matin, quel exploit!!
PréparatifsDépartChantalRefugeChantal

Jour 2 Asco/Vergio
20km 1900m+ 1900m-

Version 17 août 2001 en 6 h 37

YANNICK
Après une première nuit en gîte nous voilà à 8h30 prêt pour une étape " tranquille "…
La nuit fût réparatrice pour tout le monde et en particulier pour Nico qui ce matin est en forme.
Après une première ascension d'environ 1h05 sur une piste de ski, nous voilà dans le cirque de la solitude.
Passage important dans le GR20.
MAGNIFIQUE paysage et vertigineuse descente, très dangereuse par temps de pluie, que nous avalons rapidement pour remonter sur le col de Bocca Minuta à 2218 m. Re une descente pour arriver au refuge de Tijhtti que nous atteignons 1h30 plus tard.
Pour le moment " l'équipe des Quatre " va bien et le moral est bon pour tout le monde. Une pause casse croûte s'impose au refuge de Ciuttulu di Mori (pause d'environ 30 mm).
La descente sur Vergio, après un dernier col est très longue : beaucoup de plat et des kilomètres de sous bois et nous voilà enfin à notre gîte. Ce soir la femme, les enfants ainsi que les beaux parents de T1000 sont parmi nous. Un ravitaillement en " Elasto, Compeed " s'impose ainsi qu'un changement de chaussures pour T1000. Voilà la seule " journée tranquille " de la ballade, le jour le plus long arrive…
SolitudeMarc Yannick

Version 19 août 2003 en 6 h 11

LUC
Nous entamons cette deuxième étape sous un ciel magnifique, les crêtes se découpent distinctement et l'air pur du matin nous motive.
La remontée de la piste de ski d'Asco est rapidement faite et après avoir serpenté entre les rochers et les arbres torturés, le groupe s'étire pour gravir le sommet du cirque de la solitude (atteint en 1 h). Il y a moins de monde qu'en 2001, c'est mieux, beaucoup mieux...
Patrick respire un grand coup et se lance dans la descente en pensant aux enfants auxquels il propose des activités similaires. Pas de soucis, nous profitons du paysage, nous discutons et la remontée vers bocca Minota est réalisée en 50 min. Ce fera ici l'entame des sandwichs.
La descente sur le refuge de Tijhitti se fait chacun à sa main ( à son pied plutôt ) et nous remplissons les poches à eau avant de replonger vers la fin de la descente. La montée sévère sur bocca di Foggiae étire de nouveau notre groupe mais le rassemblement se fera au refuge Ciutullu devant les randonneurs qui se percent les ampoules ! Est-ce le Coca bu au refuge ou la venue de sa femme à Verggio, toujours est-il que Nico lance une descente plus que rapide vers la vallée.
Yannick et Luc suivent et relancent régulièrement en sautant de piscines naturelles en passerelles moins naturelles. L'arrivée se fait en groupe dispersé puisque dans les bois avant Verggio les traces rouges et blanches manquent et certains se perdent !
Arrivés à 14 h 07, la journée la plus courte aura duré 6 h 11 sans ampoule, sans problème aucun.

Version 23 juillet 2005 en 6 h 13

DAN et ISA
Départ d’Asco à 7 h 45 pour un échauffement de 700m.
Arrivés au col, le cirque de la solitude est sous nos pieds. Pour des grimpeurs et par temps sec aucun soucis. Les randonneurs avec sac de 20 kg se font peur. Descente et remontée rapides, évitant parfois le monde par des passages de grimpe (3 et 4 un peu expo) et petite pause au Bocca Minuta.
Luc nous explique la fin de l’étape : descente en passant par le refuge de Tighiattu, la Bergerie de Ballone : passée nickel.
Remontée d’un peu moins de 700m : raide et en plein cagnard, belle souffrance. Descente jusqu’à une passerelle, un plat pour allonger la foulée et, bonus une remontée de 200m vers Vergio. Fin d’étape à 14h00 ?et quelques , retrouvaille des familles et confort de l’hôtel nous faisaient présager du repos pour la grosse étape…

Version du 7 juillet 2007 en 6 h 57

ISA
« Où sont les garçons ? »
Cette question va nous accompagner toute la journée, ils sont partis cette nuit de Calenzana ; vont-ils nous rattraper ?
Départ d’Asco à 6h45, je n’ai pas réussi à déjeuner, il me faudra la montée au col pour me restaurer (gels, barres, sandwichs, tout y passe), pas de souci, j’ai l’habitude.
Arrivées au col accompagnées de rafales de vent, on découvre le cirque de la solitude complètement dans l’ombre : quelle ambiance !!! Chantal se régale dans la descente. Pour ma part, j’ai encore faim. Je vais devoir remanger avant d’attaquer la sortie du cirque (aujourd’hui, j’ai besoin de carburant).
Un petit coup d’œil derrière nous et on s’engage dans la descente sur le refuge de Tighiettu comme des gazelles nous dira un sympathique couple de randonneurs.
Au refuge, personne enfin presque, un randonneur est « posé » avec son sac sur un lit et ronfle, il est 9h30 ; le GR a encore frappé. En repartant, on aperçoit que le gardien vide les sanitaires. Le GR passe en contre bas, notre rythme s’accélère. Quel moment !
Après quelles minutes, on tombe sur une petite auberge très accueillante, on se restaure copieusement. C’est reparti pour une longue traversée, il fait très chaud. Le fait d’être homogène nous permet de progresser régulièrement et de garder le moral. Comme hier, pour finir la journée, une dernière montée (600m), on sert les dents, on déconnecte les neurones et on monte … Ca marche !!!
Au refuge de Ciutulu, Chantal va vivre un accueil très corse (le mâle corse ne sourit pas à la gazelle). On avale notre boisson presque fraîche et on se barre.
Enfin la descente sur Vergio, les garçons ne nous rattraperont pas c’est sûr.
Après la bergerie de Tulla, surprise c’est plus long que prévu. J’accélère le rythme mais il faut tenir.
14h et 2ème journée bouclée, une super récup s’annonce avant l’arrivée des familles chantal va retrouver son rôle de maman pour quelques heures. Les garçons arrivent vers 17h, ils nous impressionnent, ça a super bien marché pour eux. Chacun raconte sa 1ère partie de GR (dur, chaud, faim, mal, mais aussi beau, homogène…). Les sensations sont les mêmes.
CHANTAL
Il fait beau, nous partons vers 6H30, direction le "cirque de la solitude", très attendu par moi-même car très technique: dalles rocheuses, chaines pour se tenir. Nous arrivons au Cirque: mes attentes sont comblées, avec nos petits sacs de 4KG, nos gestes sont plus aisés, que c'est facile !
Toujours des photos, nous prenons le temps de les faire (c'est trop beau).
Nous prenons également le temps de discuter et de rigoler, cela fait du bien. L'arrivée de cette deuxième journée se fera dans un hotel à Vergio ou la famille nous attend.
Luc et Nicolas sont attendus après 5000 m de dénivellé positif et 40 Km de course, les voilà vers 17H, pas trop défaits ! bravo les garçons!!

Jour 3 Vergio/Vizzavone
41km 3100m+ 3400m-

Version du 18 août 2001 en 12 h 23

MARC
Soyons clairs, nous avions tous peur de ce troisième jour car il annonçait 9H1/2 de course, + 2 200 m positif - 2 700 m négatif et la bagatelle de 45 kms.
Ajoutons à cela de grandes incertitudes sur la précision du topo carte.
Nous partons de Vergio juste au lever du jour avec une succession de bosses pour atteindre le col St Pierre 42 mn plus tard ; Luc dit T1000 est devant, comme d'habitude, nous suivons en embuscade, Marc a mal dormi, une légère douleur au genou droit se profile mais il est hors de question de s'arrêter.
Nous continuons notre périple, de magnifiques paysages se succèdent, nous apercevons des troupeaux de chevaux et passons le refuge de Manganu. X (nous l'appellerons ainsi pour préserver sa famille de la pression médiatique) a de plus en plus mal au genou, il est à la traîne, il grogne, il souffre, les 3 autres sont devant et commencent à se rendre compte du problème.
Nous passons Bocca muzzella après d'interminables crêtes pour entamer 900 m négatif. Plus personne ne croit en la précision du topo, et c'est avec plaisir que nous le brûlons autour d'un rituel païen. Trêve de plaisanterie, il faut continuer, continuer ! continuer ! continuer ! voici un mot qui fait maintenant très peur à tous, le genou de X résiste encore en montée mais la descente le torture.
Il reste maintenant 1100 m positif mais avant, un dernier refuge celui de l'Onda à 1430 m d'altitude ; nous arrivons tous les trois mais grosses cuisses est à la traîne (Marc), très à la traîne… Le moral n'y est plus pour lui, il veut arrêter, dormir au refuge et rejoindre la civilisation, Yannick ne dit rien, c'est tout à son honneur quand on voit l'état de ses pieds, des ampoules de la taille d'une pièce de 5 francs creusées sur 3 ou 4 mm. Heureusement T1000 avec son diplôme de psychologue amateur réconforte X, dépité par la situation, T1000 est secondé par un autre confrère psychologue amateur (niveau BEPC).
Après une courte pose et des coca, de la charcuterie corse (bergerie de Tolla), nous repartons tous les quatre pour atteindre les crêtes de Muratellu, tout le monde est très fatigué, cela fait maintenant 10 heures que nous alternons course à pied et marche rapide.
Luc et Yannick se jettent dans la descente 1100 m négatif, rien ne semble les arrêter.
Nicolas attend Marc pendant toute la descente, et enfin Vizzavona est en vue, nous rejoignons le gîte, nos deux compères sont arrivés depuis 28 mn. Au bout de cette journée nous avons fait 3200 m de dénivelé positif et crapahuté 12 heures 23 min.

Version 20 août 2003 en 12 h 06

PATRICK
6h50, partis sur une bonne allure, le col St Pierre est avalé en 35’, le magnifique site du lac de NINO en 1h37 (quelle précision). Quelques chevaux et des cochons sauvages nous regardent passer...
Nous arrivons au refuge MANGANU en 2h40, puis la brêche de CAPITELLU (bocca veut dire col en corse… fait pas que courir l’gars) nous contournons les lacs de CAPITELLU et MELLU par une passe technique peuplée d’une horde de randonneurs qui nous regarde goguenards. J’arrive au refuge TOLLA en 7h15 après quelques heures de solitudes qu’est-ce qu’il peut y avoir comme lézards dans ces montagnes, mais un lézard ça cause pas beaucoup vous savez...
La bande est déjà là depuis 20 minutes, je décide comme d’habitude de ne pas m’arrêter et après avoir rempli mon Camel, je file seul sur les crêtes de MURATELLA que j’atteins en 9h45. Au sommet, Marc un ami, nous attend en faisant de grands gestes. J’attaque la descente et c’est là que les choses se compliquent, ma fréquence cardiaque chute subitement, ma motricité aussi et ma bonne humeur légendaire en fait de même. L’homme au marteau (plutôt une masse !) vient de frapper, qui suis-je ? que fais-je ? Que de problèmes métaphysiques quand une hypoglycémie vous frappe… Enfin les copains sont là , MARC et YANNICK sont de vraies mamans pour moi à renfort de maltodextrine, glucose et bonnes paroles. Nous arrivons enfin à VIZZAVONA en 12h06 pour un déniv de 2800m heureusement que les derniers km étaient en descente…
CE QUE J’AI FAIT AUJOURD’HUI, UNE BÊTE NE L’AURAIT PAS FAIT.
Le repas, ce soir, est excellent, soupe d’orties, poulet basquaise, semoule et tarte.

Version du 24 juillet 2005 en 12 h 10

DAN et ISA
Mauvaise nuit car enfant malade.
Petit déjeuner à 6h30 et départ à 7h00.
Montée au col St Pierre. Petite photo pour la prof du privé et on repart.
Courte montée, vue sur le Lac Nino, spectacle dans la plaine (vache dans la vase, chevaux sauvages) et arrivée à la bergerie de Vaccaghia. Plein d’eau à la source (près d’un arbre isolé à la droite de la bergerie) et en route vers la brèche de Capitello d’où l’on aperçoit les lacs de Capitello et de Mélo.
Petite pause pour manger et s’enduire les pieds de Nok (pour moi) car ça chauffe.
Sur la suite Isa se sent pousser des ailes : elle reconnaît son terrain des inters-lacs 1999 (podium s’il vous plaît).
Pour moi c’est la surchauffe plantaire, telle qu’après la descente entre Bocca Muzzella et le refuge Petra Piana, Luc pratique l’opération de l’orteil droit. Tant bien que mal, je subis la descente vers la bergerie de Tolla où, nous promet Luc, le ravitaillement sera festif.
Notre guide et sa cliente vont se tirer la bourre dans la pinède et je les rejoins un bon ¼ heure après à la bergerie.
Pendant la dégustation immodérée de produits corses, je regarde mes pieds : une douzaine de petites ampoules se forment… Isa et Luc ont l’air nickel (quand elle mange Isa va toujours bien) et finalement on repart à l’assaut des 1200m de montée de la passerelle de Tollo vers la pointe de Muratello. L
à, Luc et moi attendons Isa qui s’est un peu égarée. Il m’explique la descente vers le col de Vizzavone. Isa arrive et nous dit qu’elle descendra doucement.
Je reste avec elle pour éviter d’abîmer plus mes pieds. On rejoint enfin Luc vers 19h00. Le repas et la douche régénèrent les troupes et le matin du 4ème jour, nous voilà repartis…

Version du 8 juillet 2007 en 11 h 43

ISA
« La récupération des garçons »
Au départ de Vergio, on s’échauffe ensemble, ça trottine, ça discute, super ambiance. Le col St pierre est vite avalé. Arrivés aux lacs, séance photos. Dans la traversée vers Manganu, je perds un sandwich, heureusement Chantal me le récupère et s’aperçoit que mon sac est ouvert (merci Chantal). Le groupe est encore compact mais va vite exploser dans la montée à la brèche. Les garçons ont déjà récupéré. Des vraies bêtes !!! Petites pauses, il y a beaucoup de monde. Trop de monde sur les crêtes, Lucco s’énerve, on suit, ça dépote, certains randonneurs n’apprécient pas notre allure.
On parle déjà de la fameuse remontée au col du monte d’oro.
Descente sur Petra Piana et une pensée pour les pieds de Dan (opération à ciel ouvert en 2005 par le Dr Lucco).
Une tentative de politesse de Luc pour commander à boire a échoué (le gardien a pris un très gros risque). Il faut savoir que le gardien de Piana est en vacances début juillet (c’est sa réponse). Pas de problème, on file sur la bergerie de Tolla. J’essaye de m’accrocher au train de Nico, mais il ne veut pas se faire rattraper par une fille. A la bergerie, bains de pieds, boissons fraîches et assiettes de charcuterie sauf pour Chantal qui décide un régime tomates.
Mais dès le début de la dernière montée du jour (1150m), Chantal ne semble pas d’accord pour garder notre rythme de croisière. On s’arrête au refuge d’Onda, orangina obligatoire même le gardien insiste pour que Chantal le termine. C’est le début d’une montée à l’arrache, je reste à vue de Chantal (j’ai de mauvais souvenirs de solitude sur cette montée en 2005). Je vois les garçons basculer derrière le col, on ne les reverra qu’au gîte.
Après une petite pause au col, la descente sur Vizzavona nous montre vite que la journée n’est pas terminée.
Chantal récupère, c’est reparti, on reprend notre rythme.
Dans la forêt de Vizzavona, je reprends le chemin de 2005 pour être sur de ne pas me perdre, ce n’est pas le moment. Chantal doute de mes options mais retrouve le sourire à la vue de la route du col. Les garçons sont déjà en récup’. Bravo.
L’étape a été longue mais on arrive sans bobo, il suffit de manger et bien dormir pour repartir. Merci au gîte pour l’accueil et la qualité des repas, du 4 étoiles.
CHANTAL
Pour ma part cette étape a été longue avec une montée très pénible après le repas de midi ou d'ailleurs je ne peux pas avaler grand chose, je me sens assoiffée.
Pourtant Luc me prévient et me conseille de manger, mais à part quelques tomates rien ne passe ! dur, dur !!
Merci Isabelle, sans toi cette montée m'aurait été insurmontable. Nous avons apercu "les garçons" au départ, ils ne paraissaient pas trop fatigués de leur terrible journée d'hier. J'arrive donc péniblement avec mon "lièvre" Isabelle à 18H30 au gîte de Vizzavona, Luc et Nicolas sont déjà lavés et étendus sur leur lit !!
Néanmoins, les pieds, les jambes, le moral continuent à bien se porter !! L'accueil, le repas est sympathique, la nuit sera d'enfer car il parait que "chanchan" a ronflotté toute la nuit ! Incroyable.

Jour 4 Vizzavone/Usciulu
40km 3200m+ 2600m-

Version du 19 août 2001 en 10 h 27

NICO
Impossible de convaincre Marc et Yannick de continuer…
La suite de ce périple allait finalement leur donner raison. En effet, la fatigue et les pieds rendront les 2 dernières étapes terribles. Après 3 kilos de bitume histoire de faire plaisir à Nico, nos deux lascars se ravitaillent comme 2 gorets et entament la première ascension plutôt facile (1h 13 au lieu des 2h 30 des marcheurs en haut du col de Palmente 1640m!).
La suite se déroule sous les arbres à flanc de colline le rythme est soutenu malgré les pauses Coca et casse croûtes en tout genre.
La température monte…
Le col de Verdi est atteint en 5 h 26 (9 h 20 pour les marcheurs), la progression se fait donc plus péniblement. Lucho alias T1000 repart dare dare pour une grimpette courte mais très raide qu'il achèvera à 1100m/heure me dira-t'il. Recoca au refuge de Prati et 17 minutes pour les 221 mètres du Punta Cappella (2041m) !!!
A partir de là, commence un calvaire interminable reposant sur un tandem appelé Pierre sommitale-Crête.
Pendant 3 heures 40, ces put…. de Cairns se multiplient le long d'une ligne de crête interminable franchie plusieurs dizaines de fois. Et là, sorti de nulle part, gérant une concession de l'ONF, vous aurez peut-être la chance de blaguer avec un infirmier parisien qui est allé se percher à 1920m parce qu'il y a trop de monde dans son village corse !!
T1000 souffre des panards et Nico accuse la fatigue…
Il fallait arriver tôt au refuge d'Usciolu pour la place, il est prés de 19 heures quand nous posons nos sacs sous le regard incrédule de quelques randonneurs. Ce 4eme jour a duré 10h 27minutes !!! Nico achète le tee-shirt du refuge en guise de serviette de toilette et se tape une douche froide.
Chuttt, on dort dans la cuisine avec une couverture pour 2.

Version du 21 août 2003 en 10 h 10

PATRICK
Aujourd’hui nous sommes plus que trois YANNICK est rentré chez lui, nous partons tôt ce matin :2935 m de dénivelé nous attendent.
1h15 plus tard nous sommes à BOCCA PALMENTE puis 2h31 après à la bergerie CAPPANELLIE , BOCCA VERDI en 5h49 refuge de PRATI en 7h06.
LUC et NICO tirent à pile ou face et c’est NICO le puni, il doit rester avec moi en effet je suis couite… Les jambes sont douloureuses et je ne vais pas très vite.
NICO pense que je devrais rester dormir à la bergerie de LAPPARO atteint en 8h46 car j’avance 3 fois moins vite qu’un randonneur et il calcule que je vais arriver à destination dans 5 heures.
Là, il me fout les boules et me dit que je suis têtu ….
Et 1h24 après nous arrivons à USCiULU, LUC est là depuis 1h06. A peine arrivé, on me sert un énorme plat de pâtes, carottes, viande, je regarde dubitativement le plat en me disant comment je vais pouvoir avaler cela et 5 minutes après il n’en reste plus trace.
J’ai fait l’étape en 12 h 06 ,le gîte est plein de randonneurs qui ont du mal à croire ce que nous venons de faire , à 20 heures plus aucun bruit et tout le monde s’endort.

Version du 25 juillet 2005 en 10 h 18

DAN et ISA
On s’échauffe en marchant sur le sentier de la femme perdue, justement pour éviter de perdre la nôtre comme au premier jour. Puis on rattrape le GR au bout de 4km pour atteindre Bocca Palmente. De là radada d’une vingtaine de bornes avec 600m.
Passage dans une ancienne station de ski (coca et part de gâteau au refuge) et arrivée au col de Verde. Le paysage est beaucoup plus pastoral mais il nous faut avaler 700m pour se regrouper à la Punta Cappella. D’ici, Luc partira devant car il faut arriver avant 18h00 au refuge afin de bénéficier du couchage et du repas chaud. Le chemin d’arête n’a pas de difficulté mais que c’est long…
Isa est juste derrière moi et je l’attends pour aller chercher de l’eau à la source du Bocca di Laparo. En repartant je sens une vive douleur dans le tibia, et pense à la périostite.
Cahin-caha on atteint le refuge à 17h30, ¾ heure après Luc. Le soleil est encore présent et sèche nos affaires, lavées comme nous en douche froide. Après un bon plat chaud, le gardien nous offre un digestif, on met nos jambes en l’air, Isa me masse le tibia car elle pense, avec Luc, que la douleur est musculaire.

Version du 9 juillet 2007 en 10 h 59

ISA
« Les bons tuyaux »
Départ sur le sentier de la femme perdue mais ce sont les hommes qui se perdent. Au 1er col, 10 mn de retard et Luc s’énerve ; on ne verra plus les garçons de la journée.
Ils veulent arriver avant 18h au refuge pour réserver nos repas. Une nouvelle journée sur le GR sans nos lièvres, pas grave, on est autonome.
Pour atteindre Capanelle, c’est long très long mais on court. Super accueil du patron qui s’intéresse à notre périple. Il nous propose même de téléphoner au refuge d’Usciulu pour réserver nos places. Le gardien monte sur les crêtes tous les midis pour écouter ses messages. Et voilà, c’est fait pas besoin de courir comme des bêtes ; on savoure notre petite surprise quand les garçons vont s’apercevoir que les repas sont déjà réservés !!! Le patron nous indique même un raccourci pour rejoindre Luc et Nico. Nous ne suivrons pas ses conseils, nous sommes parties pour faire l’intégrale du GR.
Reparties le moral au beau fixe, on ne se rendait pas compte de la suite. Chantal positive, moi je jure et j’ai trop faim … Le moral chute en flèche quand j’ai l’estomac vide, mon ischio gauche se fait plus que sentir début de contracture (j’ai mal surtout en descente), une racine m’agresse, j’ai l’impression d’avoir explosé ma chaussure (plus de peur que de mal), j’entends des randonneurs qui disent qu’avec nos sacs c’est facile… Les tuyaux de chantal se réveillent. Mais on papote encore …
Enfin, super surprise, une petite auberge au bout du chemin, c’est le col de Verde (j’avais oublié ce bel endroit). Les garçons sont passés il y a une heure. Le patron nous laisse entendre qu’il aura peut-être des orages isolés. Alors on fait fumer dans la montée sur Prati, le rythme est soutenu. Au refuge, pas de pause on enchaîne.
Et le bouquet final du jour, les crêtes qui mènent au refuge.
Derrière nous au fond, on voit un feu, c’est assez impressionnant. Sur les crêtes, des rafales de vent nous déséquilibrent, c’est fatiguant. Pour se parler, on est obligé de gueuler.
Laparo, pause goûter derrière un gros bloc et on repart. Je ne veux pas perdre de temps car je veux arriver avant 18h au refuge et me prouver que je suis capable de réserver nos repas (une preuve d’autonomie). Chantal suit tranquillement, elle ne se fixe pas d’objectif, elle apprécie le paysage.
Pour passer le temps, on se fait plaisir en se disant que c’est juste derrière.
Perdu !
Il nous reste… ? Mais le moral est bon, le terrain nous convient bien. Enfin on plonge sur le refuge. Il est 17h30, j’ai gagné mon petit défi perso. A l’arrivée, félicitations des garçons. Merci.
Une douche rapide avant que le soleil ne bascule derrière les crêtes. L’endroit est magique. La nuit à Usciulu (pas de couverture) est toujours un moment particulier du GR, cette année 4 options : Luc grand confort avec un plaid polaire (il peut se permettre de porter), Chantal classique avec un sac à viande, Nico toujours aussi light n’a rien emporté donc il a fait l’homme sandwich entre 2 matelas, pour ma part couverture de survie histoire de mettre un peu d’ambiance (dommage pour ceux qui ont oublié leurs boules Quiès).
CHANTAL
Le quatuor part en fanfare à 6H30, nous trottinons encore pas trop mal, les premiers kilomètres.
Aujourd'hui il y a un challenge, il faut arriver au refuge avant 18H30 sinon on aura pas à manger!
Luc et Nico partent en force et rapidement, nous ne voyons plus leur baskets!
Encore un marathon aujourd'hui, toujours un peu d'appréhension: vais-je souffrir, Isabelle gardera t-elle cette forme jusq'au bout, heureusement, elle est toujours avec moi, et nous formons de jours en jours une belle cordée sportive!
Les photos sont toujours prises, Isabelle me prend, je prends Isabelle, tout va bien, la Corse est belle et toujours ensoleillée, la chaleur est là mais pas trop intense, selon Isabelle, qui est déjà venue il y a 2 ans en arrière. Nous savons que les garçons courent devant pour réserver les repas mais nous les filles plus malines nous prenons le temps de discuter avec les autochtones Corses et un gentil Corse appelle son copain au refuge et nous réserve par téléphone les repas !!
Tant pis pour les hommes, ils voulaient être plus légers et ne pas porter de portable, donc ils continuent à courir comme des lapins! La succession d'arêtes pour aller jusq'au refuge sera super! Isabelle et moi enchainons sans trop de problèmes et nous arrivons au refuge à 18HOO. Là nous attendent les félicitations de Luc et Nico, nous nageons dans le bonheur. Le refuge est bien mignon, la douche est à l'extérieur mais le soleil est là, nous aurons trois minutes de pluie le soir. Bon repas, gardien fort sympathique, le dodo sera bon pour Isabelle et Luc et bien moyen pour Nico et Chanchan Bonne nuit.

Jour 5 Usciulu/Conca
42.5km 2400m+ 3900m-

Version du 20 août 2001 en 13 h

NICO
Une ballade sur le topo :
Que de la descente à part le Monte Alcudina …ce sera l'horreur !!!
Lever 6 heures, déjeuner frugal et re-crête-pierre sommitale en descente cette fois ci.
Monte Alcudina(2134m)en 3h 36 au lieu des 5h20 marche. Nous échangeons des propos aimables(private joke) et descendons sur le refuge d'Asinau. Aie, rien à manger !!! La gérante très aimable nous dégotte 2 boîtes de salades niçoises de marque Casino et du pain.
Sans ces 2 boîtes, le raid s'arrêtait là.
En effet, contourner les aiguilles de Bavella est interminable et le resto au milieu de la cohue automobile en haut du col de Bavella un grand souvenir. Riqclès et coca à gogo pour arroser la charcut, le melon et la Mozzarella. Nous sommes à 1218m et Conca n'est qu'à 252m, que de la descente !!! ERREUR FATALE
Il nous faudra 4h 35 au lieu des 6h 50 marche. Nico ne parle plus, T1000 s'appuie sur un bâton. L'accueil à Conca sonne comme une délivrance après 13 heures de course !!!
CHAWOUAAAAA !!!

Version du 22 août 2003 en 10 h 12

PATRICK
Je prépare le café pour NICO, LUC n’en boit pas et il s’éloigne.
A 7h06 nous décollons et nous dépassons les randonneurs partis très tôt. 2 heures plus tard nous passons sur une passerelle qui nous amène au MONTE ALCUDINA en 3h20 puis le refuge D’ASINAU en 4h17.
NICO et LUC ont 15 minutes d’avance, la journée se passe très bien, je mange sans arrêt , les aiguilles de BAVELLA arrivent en 6h56.
Je prends de l’eau et cherche mon chemin, j’aperçois LUC qui m’attend cela fait 40 bonnes minutes qu’ils sont arrivés. Les jambes vont super bien (heureusement) mais mon allergie, je suis couvert de boutons qui me grattent, et mon début d’infection urinaire me brûle horriblement.
LUC m’annonce: plus que 4 heures et tu arrives, je fais un bout de chemin avec lui mais je souffre trop et je le laisse partir, je passe le refuge D’ I PALIRI j’aperçois la mer.
Puis je passe sur une autre crête et une autre et encore une autre, la fin est interminable. Une guêpe vient de me piquer et je suis allergique, ma main enfle rapidement on dirait une main de (beau) poupon( que je suis).
MARC, mon bon samaritain, vient à ma rencontre, le pilotage se fait plus facilement. J’aperçois CORINNE (ma douce reine), elle me tend une bouteille telle une spartiate à l’arrivée (on se croirait à OLYMPE) c’est fini : 11 h 05 pour aujourd’hui avec 2200 m de déniv.
J’ai parcouru les 220km en rouge et blanc du GR20 avec les 12000m de déniv en 47 h 55, LUC et NICO en 46 h 22.

Version du 26 juillet 2005 en 11 h 45

DAN et ISA
Départ vers les 7h00, avec toujours une douleur au tibia. Je traîne la patte sur le plat et me vautre plusieurs fois à cause de racines et pierres malveillantes.
On attaque le Monte Alcudina (2134m) ça passe mieux que le plat.
Descente vers le refuge d’Asinau, coca corse. Ma vitesse est en chute libre, Isa reste avec moi et Luc nous attendra à Bavella. On y arrive vers 14 h 30 et festoyons tellement que le serveur en oublie dans l’addition. Je lui offre mon tube de colle pour les randonneurs suivants.
Nous repartons sur la fin du trajet, lequel avait était torché au début du mois en 3h00. Avec Isa notre chrono sera de 5 heures. Esteban nous attend avec Florence et Luc déjà arrivé depuis 1 heure.
De retour au camping nous fêterons l’anniversaire de Maxime au restau du camping. Ma douleur tibiale s’amplifiant, les moindres 50m de déplacement me prennent 10 minutes. Les campeurs m’observent bizarrement…
Epilogue :
Dan :
Médecin obligatoire le lendemain : infection bactérienne (entrée par l’ampoule opérée par T 1000 et bien diffusée par le massage de ma dulcinée) et syndrome des loges pour le tibia.
Isa :
Fatiguée...
Luc :
Mal au genou mais trail du Mt Blanc fin août.
On était partant pour le faire en 4 jours mais finalement ce serait le trail du Mt Blanc et toujours avec notre organisateur-accompagnateur-guide…
Qu’est ce qu’il nous fait pas faire celui-là alors !

Version du 10 juillet 2007 en 12 h 30

ISA
« les extrêmes »
Nico est réveillé depuis … donc on se lève sans trop réfléchir, petit déjeuner light. On aurait aimé être plus lourds pour affronter les conditions sur les crêtes. Départ au trot pour Luc en short, Nico et les filles on a opté pour la tenue d’hiver.
Arrivés sur les crêtes, un vent ou plutôt une tempête de vent nous accueille (80 à 100 km/h soit une température de quelques degrès au dessus de 0).
Réveil vivifiant !!!
Impossible de courir, par moment il faut se tenir aux rochers pour ne pas tomber. Pour passer la brèche, Chantal doit calculer avec les intervalles entre les rafales. A l’abri dans la forêt, les garçons nous attendent. On a tous une sale tête, le vent a laissé des traces.
On vient de vivre un grand moment. Pour ma part, je pense que mon vécu montagne m’a permis de passer ces crêtes. Chantal me dira la même chose. On vient de vivre un grand moment, le GR 20 a encore démontré qu’il fallait le prendre au sérieux. Chantal a des doutes quant à la suite de la journée.
Quelles conditions sur le Mont Incudine ?
On se restaure à l’abri du vent et s’est reparti.
2ème montée de la journée et 2ème grand moment. Le vent est toujours présent. Il faut enchaîner !!!
On bascule enfin vers Asinau, petite bise de pente et douce chaleur. Les randonneurs ont du mal à comprendre notre équipement et nos sales têtes. Pause rapide au refuge mais indispensable pour les célèbres tuyaux de chantal. Le gardien refuse de nous voir, il nous ignore. Chantal n’en revient pas. Les garçons nous quittent, on les reverra ce soir à Conca, ils courent après le chrono.
Pour nous, ça papote toujours en prenant la direction de Bavella. Chantal est super à l’aise et moi je recommence à jurer. Et oui, le terrain est vallonné, il faut allonger la foulée. Le vent est devenu bien agréable, il nous permet de remonter sur Bavella sans trop souffrir de la chaleur.
Au col, trop de monde, on est devenu un peu sauvage. On prend le temps de s’offrir un petit resto (plus d’une heure de pause). Téléphone aux familles. 14h15 départ pour le finish. Dernier plein d’eau à Prati. Le paysage a changé et on voit rapidement la mer (c’est un piège). Car cette partie est toujours aussi longue. « c’est quand qu’on arrive ? » …
Mais a-t-on réellement envie d’en finir?
18h15 la porte de sortie (cf photos), 18h30 des voix connues et voilà le GR version 2007 est bouclé.
CHANTAL
Nous nous réveillons avec un vent terrible (70KM/H), je me sens un peu fatiguée ce matin. Isabelle semble bien aller, Luc aussi, Nico a quand même une grosse ampoule qui ne doit pas lui faire du bien!!
Les premières heures seront pénibles sur les arêtes d'Usciulu, le vent me bascule à droite et à gauche, la progression est dure, heureusement il ne pleut pas, des nuages menacent dans le ciel. Je suis la dernière, mes coéquipiers m'attendent sur un replat herbeux, je leur manifeste mon inquiétude pour l'ascension de l'Incudine, car le vent est violent. Luc me dit, tu n'auras qu'à t'accrocher à la croix (regarder la photo: gag) Bon allez , on y va pour l'Incudine. Isabelle est là toujours forte, elle se retourne pour regarder ma progression, encore merci Isabelle. En fait, le vent était moins violent que sur les arêtes d'Usciulu Ouf!
Après l'Incudine, nous arrivons au niveau des belles aiguilles de Bavella, des kilomètres et des kilomètres de remontées de redescentes pour arriver au col de Bavella. On prend le temps d'une collation dans une brasserie avec Isabelle: ça fait du bien. Coup de téléphone à la famille pour dire que nous arrivons vers 17HOO.
L'arrivée est proche, mais se fait longue. J'attends "la porte de la délivrance" que Luc m'avait évoquée!
Enfin là voilà, photos obligées et nous dévalons les 2 derniers kilomères. Heureuse et fière d'avoir réalisé ce GR20 sans trop se charger et je vous assure que celà n'a pas été une bavante, mais un effort constant, géré au mieux, avec bien sur toujours un bon moral (80% de la réussite). Je tiens à remercier Luc qui m'a proposé de participer à "cette aventure" et encore bravo à Luc et Nico pour leur performance sportive.