COURIR EN MONTAGNE

--- Le GR20 en 4 jours ---

Jour 1 Calenzana/Vergio
40km 4900m+ 3700m-
en 14 h 41
en 2007

NICO
L'horreur porte un nom désormais : Calenzana-vergio
Un trail de 40 km avec presque 10000m de denivelés cumulés.
temps: 14h41!!!!!!!!!!!!!
une paille...............;fallait pas tricoter sur les crêtes!!!!!!!!!!
Départ à 2h du matin, samedi 7 juillet à la frontale, temps idéal pour la baignade mais pas pour gambader sur le gr20 car ça va cogner. Le départ est bien prudent et il y a de quoi, l'avance se fait conformément au plan de marche avec même un meilleur temps qu'en 2003 entre les 2 refuges. 9h13 du matin, nous voici à la jonction avec la variante que l'on a décidé de prendre afin d'éviter de descendre sur Asco, et là les ennuis commencent:Je restitue à dame nature mes sandwichs SNCF trop crêmeux à mon goût. Va falloir se réalimenter ou plier illico à Asco!!
Heureusement, cet incident gastrique me libère et je peux repartir et manger à nouveau peu de temps après. Le cirque de la solitude est déjà là, il est 10h54. La température monte et l'aprèm s'annonce caniculaire. On a passé les 10h de course et les jambes ne répondent plus trop. 450m heure dans la dernière bosse et les visages sont fermés car on est pas rentré et il faut dejà penser à demain, une ballade de11h30 si tout va bien. Finalement, l'arrivée se fait à Vergio après 14h41 de rando-course et une fatigue bien réelle. Il est près de 17h, il faut se laver, dormir et manger pour passer le lendemain. Nous retrouvons nos deux comparses Isabelle et Chantal fraîches comme des gardons puisque parties un jour avant nous.
En conclusion, aussi loin que je puisse chercher, je ne vois pas d'équivalent en France. 40km en 14h41 et sans chômer. Cette étape est un monument que je déconseille à quiconque n'a pas dejà fait ce tronçon en 2 jours.
LUC
Bon, c'est sûr le départ était grand, à la frontale pendant 3 h 30 à discuter, avec le lever du soleil pour décor. Pas un randonneur pendant 5 heures, les montées et les descentes se succèdent à bon rythme.
Ce n'était pas gagné d'avance que de rejoindre Vergio dans un état potable pour enchaîner la suite du GR. Avec Nico, nous avons mis un point d'honneur à gérer cette étape au mieux. J'ai oublié mes accélérations qui me font tant plaisir pour ne pas entamer la réserve trop tôt et heureusement sinon... C'est donc au train que nous progressons, ce n'est qu'au dessus d'Asco que je ne vois plus Nico. Il inaugure la variante de ses résidus gastriques ! Il recolle très vite et après avoir fait fuir un troupeau de mouflonnes, nous descendons au pied de la montée au cirque. Cette petite montée fera mal, comme celle du col perdu.
La dernière montée de + 550 m se fera à l'agonie, toutes les sources sont bonnes pour s'arrêter tremper la saharienne mais il en manque des sources vers le haut, donc on fera une pause photo de nos tronches en vrac !
Je n'ai pas du tout mal musculairement, c'est étrange, c'est une fatigue générale et un dégoût alimentaire qui m'assaillent.
On arrive à Vergio suffisamment tôt pour se reposer mais curieux de voir la suite... Les deux filles parties la veille sont en pleine forme, pas comme nous.
Bilan de cette journée pour moi : 6 sandwiches (triangles SNCF), 4 compotes, 1 gel de m...., 1 bout de barre NRgtique, spiruline et maca.

Jour 2 Vergio/Vizzavone
41km 3100m+ 3400m-
en 11 h 29
en 2007

NICO
Vergio-Vizzavonne, un classique..........dans la difficulté.
Départ à 6h21 de Vergio et les filles ont l'air en jambe putain!!! Je fais le serre-file en me disant que je vais passer la journée avec elles.Les jambes sont dures quand même.T1000 a l'air un peu mieux mais lui, il peut courir 5min après le réveil et 1 min seulement après avoir bouffé..c'est ça les robots !! ça chie pas mais ça court. Bref, le col saint Pierre est atteint dans un temps record de 34 min, le lac Nino en 1h32 et manganu en 2h40.
Le temps de chauffe est passé et la montée de la brêche se fait à bonne allure:3h37 de rando-course.
Nous sommes super homogènes tous les 4 et la progression se fait sans contre-temps.Tout le monde sait que l'aprem, c'est l'enfer sur cette étape:Imaginez un +1200m après 9h de course!! La bergerie de Tolla permet de reconstituer ses forces sauf pour Chantal qui prend l'option tomates!!!!!!!!!
Sacrée Chantal va!!!!!
Avec T1000, on ne parle plus pendant de longues minutes, la crête est enfin en vue après 9h43 de course. Reste plus que de la descente ,cool!!! ERREUR! Descendre sur Vizzavonne s'apparente à un calvaire: Il faut1h46 et ça court de la buvette au gîte à tout casser.17h50 vite la récup. Nos 2 poissons pilotes arrivent quelques temps après, le visage marqué. Demain, ballade bucolique de 10h!!!!!!!
LUC
Bon ben la suite, elle sera finalement bonne car après un départ avec Chantal et Isa, les sensations sont bonnes, les jambes n'ont aucune douleur.
Je pensais que nous passerions la plus grande partie de la journée avec les filles mais cette étape va les marquer et nous progresserons un peu devant. Nous avançons correctement, il y a du monde à la brèche Capitellu et nous filons...
Un grand moment au refuge de Pietra Piana : j'arrive avec mon billet pour acheter 2 cocas et me fais jeter par le con qui tient le ravitaillement car c'est 11 h 48 et qu'il est en vacances et qu'il va manger. J'étais arrivé en ayant enlevé casquette, lunettes et après un grand bonjour. Perso, c'est sûr, en corse, je n'y viens pas pour les corses ! Il les vendra en décembre ses cocas, l'autre...
Heureusement, il y a la bergerie de Tolla et ses assiettes de charcuterie ou de tomates pour les spécialistes de l'alimentation de l'effort. La montée de + 1150 m se fera au train avec Nico, la descente sur Vizzavone se fera, elle, comme on peut...Et comme on peut peu... Au gîte Monte d'Oro, le repas sera un grand moment gastronomique. La soupe corse est un vrai régal, le veau en sauce également. Ce repas est le meilleur du GR sans que les autres aient démérités. Un grand bravo au chef de cuisine qui fait remonter les corses dans mon estime. Le responsable du gîte est adorable, il nous fera des sandwiches somptueux à la coppa pour le lendemain et élaborera un petit déj. le soir pour qu'on puisse partir au plus tôt le lendemain.
Bref, 3 étoiles au guide du GR20 !!

Jour 3 Vizzavone/Usciulu
40km 3200m+ 2600m-
en 9 h 56
en 2007

NICO
Sur le papier, c'est moins dur que la veille ,du coup on fait du rab. sur la variante de la femme perdue. On laisse 11 min dans l'affaire pour monter Palmente. Les filles sont un ton en-dessous dès le départ. Il est 8h01 et on ne les reverra qu'à 17h37 mais elles envoient du gros, c'est moi qui vous le dis !!!!!!!!!!!!!!
De Palmente au gîte de Capanelle, c'est l'euphorie, on peut enfin courir sur ce putain de GR20. Verde à 11h38, tout est ok mais le plus dur reste à faire, les crêtes d'Usciolu. Prati à 13h16, Laparro à 15h. La course du matin commence à se faire sentir, cela dit sur les crêtes d'Usciolu ya pas besoin de courir sauf si on veut en finir avec la vie ici-bas.Le vent se lève quelque peu et au bout de 9h56, le refuge d'Usciolu est atteint. Un régal ce refuge, en grande partie grâce à son gardien et à son dévouement. 1h04 après , nos deux comparses arrivent, seulement 1h04 après, c'est vraiment de la folie, elles tournent super bien.
Allez Isa, tu peux étendre ta couverture de survie mais en silence bordel!!!!!!!!!
A côté, le T1000 est dejà débranché, il dort quoi, Chantal ronfle franco et moi, je joue à l'homme sandwich entre 2 matelas. Mon pied droit me fait mal, un échauffement s'infecte et je ne dormirai quasiment pas cette nuit là.
LUC
Je ne m'attarderai pas sur le test du nom du sentier qui rejoint le GR en partant du gîte Monte d'Oro, c'était un test ! Certains pourront dire qu'on s'est perdu, quelle mauvaise foi ! Ne pas essayer de retrouver cette femme qui se serait perdue et hop ! non assistance à personne en danger !
Bon, on ne l'a pas trouvée cette femme perdue mais on a essayé au moins !
Après Palmente, je craignais la légendaire foulée de la gazelle drômoise, j'en avais gardé un peu dans un coin et j'ai pu progresser avec elle, à galoper sur la partie la plus roulante du parcours. Récompense : Gâteau au chocolat à Capanelle suivi de 2 cocas et course jusqu'à Verde. Grosses assiettes de crudités et de charcuterie au col de Verde, pieds dans la fontaine, eau de la fontaine dans la poche du sac et zou pour Prati.
Pour la suite, j'ai pris l'habitude de débrancher ce qui me sert d'encéphale et on arrive à Usciulu et son adorable gardien...

Jour 4 Usciulu/Conca
40km 2400m+ 3900m-
en 10 h 50 en 2007

NICO
Je me lève 1h avant l'horaire prévue afin de voir ce que ce foutu pied a.J'ai bien cru que ça allait s'arrêter là pour moi.On balance de la betadine sous la peau, ça pique correct, compeed puis straping sur le compeed, faut que ça passe et s'est passé.C'est vraiment un soin que je recommande aux coureurs sur plusieurs jours.
ce soir, on est à la pizzeria, c'est la fête!!!!!!!!! Que dalle, 100 km/h en rafales sur les crêtes d'Usciolu, près de 0° au vent et le tout dans des blocs pendant 1h, c'est l'enfer, on est habillé comme en hiver sauf T1000, car le métal ça craint pas le froid, c'est bien connu. D'ailleurs, le T1000 file bon train ce matin, pas vu pendant 2h, la seule fois sur 47h de course.......... Tout le monde se rassemble en vue du mont Incudine (2100m) ça va brûler!!!!!!!!!!!!!!!!!! On y est en 3h09 et là soudain, on prend 30 ° dans la tronche. Pas un brin de vent, ni de nuage, le cagnard corse pour descendre sur Asinau, une belle descente très roulante!!!!!!!!!!!!! que de la caillasse par bloc après les dalles du sommet. Quelques formalités d'usage à Asinau et nous voilà repartis pour Bavella.Ca commence à sentir bon.......... On a 13 min de retard sur 2003 mais 1h28 sur 2001. Escale gastronimique à Bavella et en avant l'aprèm. Il fait 45° au soleil et pas un pet de vent. La fin après Paliri est longue, moi qui avait survolé ce tronçon en 2003 en 3h06, cette année on le boucle en 3h35 et 1 jour de moins!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Conca, 10h50 de course, 4ème et dernière étape:
GR20 en 4 jours et 46h56min
LUC
C'était marrant, hier, le vent avant Usciulu, frais, joueur...
Ben aujourd'hui, c'est la version froid ventilé dans un congélateur. Le refuge, qui est à l'abri, ne nous permet pas de savoir ce qui nous attend 5 minutes plus tard... Je débouche sur la crête en me disant que je vais attendre les autres ici car ils partent doucement les ami(e)s, ça papote, ça se chauffe les muscles, bref...
Le vent me claque et je n'attends pas car je suis en cuissard et les cuisses bleues, je n'aime pas...
La suite, restera en mémoire longtemps. Je comprends pourquoi ce randonneur est mort fin mai à 1 heure du refuge alors qu'il avait tout le matos pour survivre. L'arrêt est fatal (comme à Bovine l'année dernière à l'UTMB), je n'en ferai pas et ne pense qu'à me mettre à l'abri et à sortir de ces crêtes. Chose faite, mais il va falloir prendre du rab avec la montée à l'Incudine. C'était vraiment limite en cuissard et pourtant, je ne crains pas trop le froid aux jambes, mais c'est passé.
La suite se fera au chaud et en roue libre jusqu'à Conca.