COURIR EN MONTAGNE

--- Le GR20 en 3 jours ---

Jour 1 Calenzana/Vergio
40km 4900m+ 3700m-
en 13 h 51(Luc et Nico) et 14 h 40(Isa)
le 5 juillet 2009

ISA
Départ à l'heure prévue, attention les chronos sont déclenchés. Mes 2 compères me donneront régulièrement des repères de temps des années précédentes.
Cette année, nous serons accompagnés pour le 1er col par le petit T1000 (futur client d'un GR express).
Cette 1ère montée se fait dans une bonne ambiance, on est bousté à bloc... Si j'avais imaginé la suite, j'aurais certainement fait demi tour au col avec Cédric...
Petite pause au col, on apprécie le moment et on plonge dans la forêt. 1er signe de faiblesse, de stress (partir avec les 2 cousins me fait un peu peur, ils ont l'air en super forme), je ne sais pas vraiment; je monte dans les tours , je suis rapidement essouflée, je décide de ralentir et de me caler dans un rythme régulier, mais les sensations ne sont pas top. 1er refuge, pas envie de m'arrêter, pas envie de manger, pas envie de remplir la poche... Luc et Nico sont surmotivés.
Je retouve un peu de jambes dans la descente sur Carozzu, pause casse-croûte le moral semble revenir. Mes 2 compères repartent comme des fous furieux pour une montée express, quand je passe à côté des randonneurs quelques minutes plus tard ils en parlent encore et ne veulent plus voir d'espèces de zombis en basket avec un petit sac... certains essaieront de s'accrocher au train.
Je retrouve Luc et Nico au départ de la variante, ils me rassurent, je ne suis pas trop à la bourre. Petit coup d'oeil sur Asco et c'est parti pour un bel enchaînement de crêtes.Je me sens de moins en moins bien, j'ai l'impression de perdre toute mon énergie, j'ai aucune douleur, mais je n'avance plus très vite et le moral plonge, je me pose trop de questions. Je bascule pour rejoindre l'itinéraire normal, je veux arrêter mais comment le dire aux autres je leur fais signe mais ils sont trop loin, ils galopent vers le cirque. Que faire??? Les montagnes se mettent à bouger, j'ai chaud, j'ai froid, j'ai mal à la tête....
Je continue malgrè tout d'avancer, je m'alimente, je prends un doliprane. La montée au cirque se fait en compagnie de nombreuses familles venues pique-niquer au col. J'essaye de me fixer des objectifs: je rattrape une personne puis une autre, puis encore une; pour le moral, je fais tout pour ne pas me faire dépasser.
J'arrive en haut du cirque, je décide de m'engager dans la descente en me concentrant à 100% . A la fin de la descente, j'aperçois Luc et Nico qui remontent vers le col perdu, ils ont du m'attendre et décider de repartir. A ce moment là, je me doute que si je décide de finir l'étape, ce sera toute seule.
La montée au col perdu n'est pas désagréable, il y a du monde mais cela me permet de monter sans trop "gamberger".
La descente du col sur la bergerie se fera à un petit rythme, la pose de pieds n'est pas encore trop sereine, mais j'ai l'impression de reprendre des forces. Je me pose encore des questions, mais petit à petit je me persuade de finir à mon rythme et de prendre ma décision d'abandonner que ce soir à Vergio. Je m'arrête à la bergerie pour recharger en coca et j'apprends que Nico et Luc sont à environ 20mn. Je prends le temps de me restaurer et discuter, ça fait du bien; Je repars avec des idées neuves. Je vais maintenant pouvoir me concentrer sur ma fin d'étape. Je gère les arrêts pour me rafraîchir et adopte un rythme régulier de montée. 2 randonneurs vont m'encourager (merci à eux).
Enfin le col, je regarde derrière moi et je suis fière de m'être accrochée...
Pendant la descente, je réalise que je peux boucler l'étape dans le même temps que Luc et Nico de 2007. Et voilà c'est reparti, Je cours enfin avec plaisir. Je sais que la fin est pénible mais au vu de la journée que je viens de passer, je m'en moque. De plus, je retrouve Florence qui est venue à ma rencontre. Un geste qui me redonne de l'énergie, et je peux enfin parler à quelqu'un: mes doutes et tout et tout...
Cerise sur le gâteau, je réalise le temps des garçons de 2007.
NICO
Après l 'arrivée des zibout à la PTL, il fallait proposer quelque chose digne de cette équipe. Et pourquoi pas tomber un jour à la traversée de la Corse?
Autrement dit, 3 jours au lieu de 4.
La première journée, on connait, c'est la même qu'en 2007 sauf que cette fois-ci c'est la plus light du GR 20 et les souvenirs de 2007 ne laissent pas penser qu'on puisse la faire " finger in the noise "...
Départ 2h du mat avec un jeune nouveau, Cédric, alias Cricou, qui se fera une ballade par pleine lune de 4h aller-retour. Le trio semble bien homogène et avance sans souci même après que T1000 casse un bâton.
Le timing est respecté et ce n'est pas les 10 minutes d'attente d'Isa à la bifurcation de la variante qui pèseront bien lourd. Une petite heure plus tard, sans le savoir, Isa voulait plier sur Asco, elle aurait fait des grands gestes mais ça, c'est la légende...
Le cirque et sa remontée, tout est ok, reste le plus dur, la dernière montée après Tijhitti, Col de Foggiale en plein cagnard. Montée au forceps et chti renvoi au sommet et dejà Vergio qui se profile, ça sent bon la récup. On gagnera 25 minutes rien que sur la descente par rapport à 2007.
13h 51 au lieu des 14h41 de 2007 avec des jambes bien plus fraîches qu'il y a 2 ans.Isa mettra un point d'honneur à arriver en 14h 40!!!!
LUC
Départ comme prévu à 2 h du matin...Petit ratage de sentier dès le départ (le seul du GR !) puis montée à la frontale avec Cédric (le fiston) qui nous quittera au premier col vers 3 h 30. Je casse un bâton carbone au bout d'une heure, le pied ! Ils ont 80 000 m de D+ et l'un d'eux casse sur un truc bien bête, il est pris en sandwich entre un rocher et mon poing donc CRAC... Pas grave, je continue en manchot. Le jour arrive très vite à 5 H 15, nous enlevons les frontales dans la deuxième montée après le premier refuge. Il fait vite frais au sommet et nous avalons un casse croûte sans s'arrêter longtemps.
Les crêtes sont ensoleillées sur leur face est, ça réchauffe puis vient la descente sur Carozzu où la première randonneuse de la journée verra notre Nico à poil en train de lâcher du lest derrière les rochers.
Le Carozzu est atteint en pleine forme et après un autre ravitaillement solide tiré du sac, nous repartons pour la passerelle et la longue montée suivante. Nous monterons rapidement avec Nico avec des pointes à 22 mètres par minute, ce qui nous fera gagner 16 minutes par rapport à 2007. Isa est au visuel juste derrière à 5/6 minutes.
Nous l'attendons à la variante, il fait bien frais et nous mangeons à nouveau. Variante passée, nous attaquons la montée au cirque, il y a de la neige, Isa est toujours au visuel derrière. Au sommet du cirque, nous décidons de descendre car il fait frais. Avant d'attaquer le col perdu, nous attendons Isa en visuel et nous filons dès que nous l'apercevons. Nous apprendrons le soir qu'elle était au plus mal avec des vertiges et l'envie de plier. Bref, on aurait du l'attendre...
Col perdu passé, nous nous arrêtons à la Bergerie sous Tighietti pour boire et manger. 15 minutes, pas de Isa, nous continuons pour la dernière montée avant Vergio. Nous ne monterons pas vite, mais régulièrement, il fait moins chaud qu'il y a deux ans.
Nico gerbe le café et le coca de la bergerie au sommet et nous filons sur Vergio que nous atteignons au bout de 13 h 51. Florence et les garçons sont déjà là, Florence monte en direction d'Isa. Isa arrive en 14 h 40 notre temps d'il y a deux ans.

Jour 2 Vergio/Verde
65km 4700m+ 4800m-
en 17 h 45(Luc) 18 h 15(Nico) et 19 h(Isa)
le 6 juillet 2009

ISA
Après une bonne récup à vergio (et un accueil amical et chaleureux), je décide de repartir, les jambes sont neuves aucune fatigue; et le moral est au max: si je n'ai pas de problème physique je pense pouvoir finir ce GR...
Départ 2h comme prévu, les garçons prennent un rythme tranquille, je peux suivre c'est génial. On passe les lacs dans le silence de la nuit, c'est magnifique. Direction Manganu, Luc s'échappe; avec Nico on s'arrête pour recharger en eau.
La montée à la brêche se fait avec le lever de soleil, encore un beau moment, ce début de journée me fait complètement oublier mes déboires de la veille. Je vais mieux, je relâche ma concentration et je perds le sentier dans la descente sur Pietra Piana, je me retrouve à faire le sanglier en tirant tout droit à vue sur le refuge. Petite pause et pensée collective pour les pieds de Dan...
C'est parti pour la variante d'autant que la bergerie de l'Onda ne sert plus à manger. Cette partie nous semble longue mais on gagnera quand même du temps. On enchaîne avec la fameuse montée des crêtes de Muratellu. Les 2 cousins gambadent devant mais j'ai le moral et mon rythme est bon.
Descente sur Vizzavona, je ne l'aime pas, j'ai gardé le souvenir de 2003 où j'avais vraiment souffert, mais heureusement Dan m'avait aidé à finir. Cette fois, ce sont les pieds qui souffrent, ça chauffe et la voute plantaire commence à montrer des faiblesses. Je me concentre pour ne pas manquer le chemin qui amène directement au col.
J'arrive fatiguée, j'ai besoin d'une bonne pause. Super surprise, Florence est là avec sa bonne humeur et sa super disponibilité. La petite famille nous aide à nous refaire: coulomier pour Nico, pom'pote pour Luc, et panettone pour moi. Aération des pieds, changement de chaussettes et ça repart, je demande aux garçons de m'attendre pour regagner la montée au col de Palmente. Le sentier de la femme perdue porte bien son nom, et je n'ai pas envie de rallonger la journée.
Au col de Palmente, mes 2 compères s'envolent je ne les reverrai qu'à Verde. Je sais que cette partie Palmente/Campanelle/Verde n'est pas pour moi, il faut courir.
J'essaye de courir mais je me surprends à marcher alors je me botte les fesses et repars en courant. En débouchant sur la route au dessus de Capanelle, je me trompe et descends par la route, cela me vaudra quelques insultes quand je m'aperçois de mon erreur.
Je ne perds pas de temps à Capanelle, je remplis la poche et repars, de toute façon avec le rythme que j'ai, je peux manger en avançant. La nuit va bientôt tomber, je n'ai pas très envie de traîner dans la forêt. Un renard est d'ailleurs surpris par ma présence à cette heure sur le GR. Je reconnais la piste qui arrive sur Verde, je n'aurais pas besoin de sortir la frontale.
Je suis tellement contente d'avoir bouclée cette journée,que j'en oublie la fatigue. Nico ne parle pas, le patron n'est pas content de mon arrivée tardive, ambiance terne, mais moi je suis sur mon nuage. J'ose même négocier avec Luc, on partira 1 heure plus tard demain matin.
NICO
Voilà, on a mangé notre pain blanc, maintenant, on rentre dans l'inconnu.Départ à nouveau à 2h du mat.Les jambes sont quasi-nickel, heureusement car à Vizzavonne, il restera 6h à boucler...
On perdra régulièrement du temps sur 2007 sur cette étape, le retard est de 25 minutes à Manganu, 30 minutes à la brèche mais c'est rien.Le trio est bien groupé et ça c'est super, même si T1000 caracole quelques longueurs devant.
Pietra Piana et le début de la variante, tronçon inconnu pour nous. Elle fera mal cette variante mais 45 minutes de gagnées, c'est pas du luxe. Du coup, en haut de la crête de Muratellu, on est dans les mêmes temps qu'en 2007. Après 11h51 de course, arrivée à Vizzavonne et 44 minutes de pause bien venue. Puis Palmente qui se passe pas trop mal et derrière il faut courir, ce que je fais sans trop réfléchir mais les muscles semblent bien engorgés de lactique. A l'approche de Capanelle, je sens que la fatigue devient forte et T1000 devant qui ne s 'arrête plus. Un long moment de solitude jusqu'à Verde, je mettrai 2h48. Luc est à table, arrivé depuis 33 minutes et Isa se pointera 1 heure après la Machine. Pour moi, c'est le doute, d'autant plus que côté récup, cette fois, il n'y aura pas grand chose.
Les pieds sont bien échauffés; les muscles tous durs et le moral dans les chaussettes. Isa ne laisse pas planer le doute, elle repart le lendemain et donc va falloir serrer les dents.
LUC
Le gros morceau, 65 KM et 4700 m+, départ à 2 h du matin. Départ lourd pour moi avec la soupe trop poivrée de la veille mais bon...
Passage au lac Ninu de nuit, les vaches et les chevaux ont encore la trouille.
Plus de piles pour Nico, il en demande à Isa, je continue, les deux s'arrêtent prendre de l'eau au Manganu, je file...Je serai le premier à la brêche avec le lever du soleil. Je fais un micro sommeil face au soleil et Nico arrive 5/6 minutes plus tard suivi d'Isa. Mangeage de casse croûte et on repart. Re mangeage à Pietra piana et inauguration de la variante par les crêtes avec un vent très très frais. Les jambières sont montées, le goretex mis, bref du frais. La variante est très longue et elle nous mène à la grosse montée suivante qui sera faite au train avec le Nico. On attend Isa au sommet puis descente sur Vizzavone. Les pieds commencent à faire la gueule, surtout la pulpe sous les pieds. Florence est au col de Vizzavone et nous pouvons changer de chaussettes et ravitailler avant de filer sur Verde. Il est 14 h 37 quand nous repartons. Cet arrêt est salutaire. On reste groupé pour le sentier de la femme perdue et pas de trompage de direction, Isa est là, nous la voyons à Bocca Palmente. Le plus dur reste à venir, il reste entre 15 et 20 bornes assez courantes.
Nico fait le train mais dès Cappanelle, il est cuit, je passe donc devant après m'être trempé les pieds dans un torrent pour anesthésier la douleur sous les pieds. Je vais courir 3 h 15 seul jusqu'à l'arrivée avec de super jambes. J'arrive à Verde à 19 h 45 après 17 h 45 de rando/course. C'est chaud tendu pour le repas car le patron veut que tout le monde mange à 19 h . Il sera sympa et fera nos trois repas même avec l'arrivée de Nico à 20 h 15 et celle d'Isa à 21 h 00 .
Isa négocie un départ à 3 h, ce sera une bonne idée car cette journée est vraiment hard.

Jour 3 Verde/Conca
60km 3800m+ 4900m-
en 16 h 38(Luc) 17 h 40(Isa) et 18 h 10(Nico)
le 7 juillet 2009

ISA
Cette étape, je l'ai faite (dans l'autre sens) l'année dernière avec le Gab, ce fut une belle journée de rando-course. Je pars donc super motivée, les jambes sont au rendez-vous. J'aurais donc enfin le plaisir au bout de 3 jours de courir avec Mr Luccio... Passage éclair à Prati puis on s'attaque aux crêtes, il fait frais et le vent me rappelle mes courses d'hiver. Nous faisons des petites pauses casse-croûte, ce qui permet à Nico de nous rejoindre. A Usciolu, ça discute comme des vieux: tu te rappelles de ceci et de cela et toi quand t'as dormi en sandwich entre 2 matelas, et toi quand t'as fait la papillotte avec ta couverture de survie...
Mais il faut repartir, Nico nous annonce que ça va être dur, mais nous avalons ensemble les crêtes. Puis chacun gère à sa façon l'approche de l'incudine, Luc se trempe les pieds à chaque ruisseau, Nico s'économise en marchant et moi j'apprécie d'être encore avec eux sur ce 3ème jour(le 1er jour a laissé des traces dans la tête).
Luc est intouchable, il avale la montée comme si on venait de partir. Nico a l'air de piocher.
Pour ma part, ça monte bien, je me fais plaisir mes bâtons ultra-légers en carbone (fabrication maison Ciferman) m'aident, je retrouve la gestuelle du ski alpi. Comme à chaque fois, je me ferai ma petite variante dans l'Incudine. Décidément ce GR ne permet aucun moment d'inattention..
Je rejoins Luc au sommet, dans sa tête il semble déjà reparti... On attendra Nico, puis chacun sait qu'il finira seul avec ce qui lui reste. Petit coup de fil à Dan, pour donner des news, c'est bon de prendre contact avec la famille. Je rejoins Nico dans la descente sur Asinau, il a soif, je lui fais un petit ravitaillement et file sur le refuge. Je l'attends, il me dit qu'il va prendre une bonne pause et repartir tranquille à son rythme pour finir.
Alors je repars direction Bavella. Cette partie reste toujours aussi dure, il faut pouvoir courir et résister à la chaleur étouffante de l'envers des aiguilles. Je vais avoir du mal à en sortir, je suis une sente et me voilà embarquer dans du maquis des gros blocs de granit. Mais où est donc ce P..... de chemin? J'entends des randonneurs 50m m au dessus de moi. C'est reparti pour une partie de sanglier. J'en ai marre, je suis pressée d'arriver à Bavella. Certains randonneurs s'en aperçoivent, je ne parle plus et j'ai décidé d'avancer.
Je m'arrête dans un snack pour me restaurer, le patronne me donne des nouvelles de Luc, elle avait envie de parler mais moi j'avais envie d'avancer... Au moment de repartir, Nico arrive. Je lui propose de l'attendre mais il préfère prendre le temps de se poser. Je n'insiste pas, je ne suis pas super bien, j'ai du mal à avancer, je zizague sur la piste, j'essaye de manger. Je passe un petit coup fil à la famille. J'attaque la montée sur Paliri, je suis cuite. Puis petit à petit, l'énergie revient. Je connais par coeur cette partie, Je me fixe des objectifs d'endroits inscrits dans la tête: la montée, le vallon, les dalles, la source, ... puis je reconnais la dernière montée avant le cirque final. Je retrouve un super rythme de montée, au petit col je me mets à courir et je ne m'arrête plus jusqu'à la fameuse porte. Les bâtons fixés sur le sac, je cours sans aucune difficulté, les jambes sont légères, les radadas de la fin défilent. Arrivée à la porte, j'ai du mal à réaliser les 3 jours qui viennent de se passer.
Je descends pour rejoindre la route, Luc est déjà parti à la douche. Je savoure ce moment avec dans un coin de la tête l'image de Kilian Jornet au même endroit mais après seulement 32h54... Luc me rejoint, nous attendons Nico qui arrivera juste avant la tombée de la nuit. Et là, c'est que du plaisir: bingo 3/3 100%. Les garçons lancent même un nouveau défi sur ce GR...
Mais cette fois, ils ne se mouillent pas trop, et m'envoient sur une autre planète...
NICO
Lever 2h15 pour un départ à 3h avec si tout va bien Conca, le camping et ses pizzas!!!
Au bout de 10 minutes ça part devant pour un mano à mano jusqu'à Prati. Il ne fait pas chaud et le vent souffle à 60 km/H. J'ai la frontale de Cricou et le coupe-vent d'Isa, merci les gars!! Je reverrai mes 2 compagnons raiders de temps en temps mais 70 km en marchant c'est long, va pas falloir des arrêts trop cool...
Usciolu au bout de 4h43 puis le calvaire de Incudine. Plus de force et manque d'eau sur la fin, je bascule dans le dur c'est le moins qu'on puisse dire... 9h 52 de course ou marche à Asinau, il fait très chaud et contourner Bavella s'annonce sans pitié. Je sais qu'à Bavella plus rien ne pourra m'arrêter mais c'est encore 3h28 de solo car devant, ils sont loin. T1000 arrivera 1h avant moi à ce col et Isa, 16 minutes. Je repars comme une bombe en espérant rattraper Isa. Je me rapprocherai à 8 minutes après Paliri puis le trou noir. Je me retrouve comme avant Bavella. J'avance sans force pour finir en 18h 12. Isa est arrivée en 17h42 et la Machine en 16h38. Il est même douché quand je débouche sur la route à Conca.
Je n'oublierai pas de si tôt le terrain cette fois-ci et me demande bien ce qui peut me pousser à retourner sur ce sentier hors-norme. Un non-stop est de la folie sauf pour une cinquantaine d'athlètes tout au plus et encore. Finalement, j'ai gouté aux sensations que ça fait de se retrouver seul derrière avec le sentiment que devant ça file peinard, les 2 premières heures en repartant de Verde resteront sans aucun doute longtemps gravées dans mes souvenirs douloureux d'ultra et gageons que fin août sur l'UTMB, ces moments extrêmes serviront à relancer la machine...
LUC
Départ à 3 h du mat, désolé les randonneurs dormant dans le refuge pour le bruit .
Il fait frais, Isa part au carton, Nico prend du retard mais il nous avait prévenu qu'il n'irait pas vite dès le matin.
Je suis Isa à 15/16 m/minute dans la montée à Prati. Le vent souffle assez fort en haut sur les crêtes, il faut s'habiller . La frontale de Nico passe à Prati quand nous sommes presque au sommet au dessus marquant le début des crêtes. Il n'est pas loin et se rapproche au gré des arrêts bouffe. Le groupe se reconstitue vers Laparo puis la montée se fera éparpillés. Je profite de mon arrivée en tête pour me ravitailler et me mettre à l'abri du vent toujours frais. L'arrivée sur Usciulu se fera ensemble. Mangeage à Usciulu puis retricotage de crêtes bien ventées.
A la forêt, seul Nico ne peut pas courir, avec Isa, nous prenons de l'avance, je trempe encore les pieds dans l'eau fraîche puis, prends de l'avance sur Isa. Je monte l'Incudine bien au début, un peu plus dans le dur à la fin.
Isa arrive 12 minutes après et Nico une vingtaine de minutes. A parti de là, chacun finira avec ce qui lui reste et à son rythme. Je suis un peu mieux donc je pars devant. Le contournement de Bavella se fera dans une chaleur écrasante. Je ravitaille à Bavella avec un panini et 2 coca puis zou, direction Conca, je peux courir dès que ça descend ou que c'est plat.
Je pars de Bavella à 15 h 40 et j'arrive à Conca à 19 h 38, bien cassé mais heureux. J'ai en tête la photo de Killian Jornet sur laquelle il est assis sur la route, à l'arrivée, explosé lui aussi, mais après un non-stop de 32 h 54 !! Cette pensée me remet à ma place et je savoure notre humble GR20 en 3 jours... Je pars au camping du California avec Florence pour me doucher et, à peine sorti de la douche, Isa appelle, je monte la chercher en voiture. Elle arrive à 20 h 40 et Nico sortira du maquis à 21 h 12. Du très bon !! 3/3 pour le GR20 en 3 jours.
Il se dirait qu'une féminine tenterait le record du GR dans les années futures...