COURIR EN MONTAGNE

Vizille/Aiguebelle
145km 11 000m+

2013
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CR Luc

Découverte à l'automne de ce nouvel ultra prometteur: terrain technique, longue distance, gros dénivelé...
Bref me voici pré-inscrit. Finalement, ce ne sera pas le plus dur....de s'inscrire.
Je laisse tout reposer jusqu'aux premiers repérages avec, quand même, une participation au GR73 et à la Montagn'hard 107. Les repérages commencent avec une prétendante au podium féminin bien connue ici. Et là, on rentre dans le vif du sujet. Je n'étais pas venu depuis longtemps dans Belledonne et j'avais oublié comme le terrain est cassant et la progression lente. Bref après 5 journées de repérages, j'ose espérer un temps entre 35 et 40 h, mais je ne suis certain de rien.
Tout va très vite, on se retrouve sur la ligne avec Michèle, Chantal, Nico, Isa, Patrice, mon pacer. Une très bonne météo est annoncée ( je pense ne pas avoir pris le départ si elle avait été mauvaise). 618 inscrits, 500 partants pour le solo. Je pars assez bien, j'ai de bonnes sensations mais comme à la Montagn'hard, je trouve que beaucoup ne savent pas du tout gérer leur effort. Et ça ne rate pas, au bout de 25/30 km, les premières défaillances. Je remonte des places...La montée à la croix de Belledonnese déroule bien, j'aperçois Nico à la descente, il n'a pas fini sa montée, il doit y avoir un gros 1/4 d'heure entre nous. Les jambes commencent à devenir dures mais tout est normal. Le col de Freydane est avalé, la descente choisie est un poil technique, il ne faut pas tomber... Le ciel se bouche pour l'arrivée à Jean Collet, je m'arrête un moment car je ne suis pas au top au niveau digestif. Départ pour la Mine de Fer, un champ de cailloux passé le col, il faut faire bien attention où les pieds se posent. L'équilibre précaire vitesse de progression/état digestif me laisse avancer pas si mal mais je mange plus rien, envie de rien, il faudrait que je me pose un moment, ça attendra le FDF...
Le col de la Vache passe pas si mal et c'est l'arrivée au FDF après une descente bien cassante. J'arrive en 12 h 30, bien entamé, avec Pierre qui est venu à ma rencontre. Jacques et Cédric sont là aussi, je refais les niveaux en discutant mais, j'ai du mal à avaler l'assiette de pâtes. Il ne faut pas s'éterniser et nous partons, Cédric, Jacques et moi. Je monte régulièrement au train et à l'arrivée à la Grande Valloire, il faut sortir la frontale. On quitte Jacques qui va faire l'assistance aux suivants et on s'enfonce dans la nuit. Des coureurs du relais nous passent comme des avions. Au Gleyzin, on prend notre temps car il y a maintenant 20 km sans ravito. En repartant, nous croisons Pierre André qui s'est blessé et qui abandonnera là. Cédric n'est pas au mieux, il a du mal à suivre et je lui propose rapidement de bien réfléchir car une fois de l'autre côté de Moretan, pour plier, ce sera très dur. Il réfléchit 5 minutes puis me dit qu'il rentre au Gleyzin. Je suis mitigé, d'un côté c'est bien plus sûr pour lui et de l'autre, purée, je n'aurai eu un pacer que pendant 4 h...
Je monte Moretan seul, à bon rythme. En haut, je mange après m'être habillé car il fait frais. On m'annonce 25 ième solo. Les bénévoles sont supers. Redémarrage, plutôt dégringolage dans la descente de Moretan. Dangereuse à souhait avec son névé glacé et son sentier bien glissant et absent. Pas de chute, pas de bobo, un ravito en chocolat chaud sauvage salvateur vers le milieu de la descente. Les bénévoles ont même monté des tentes pour se reposer, je n'en ai pas besoin, je file. Cette descente est interminable puis, c'est la montée vers Super Collet. Comme pour Moretan, je monte au train, je me fais doubler mais je m'en fous. Je ne sais pas si ce sont des relais ou des solos, l'important est de focaliser sur ma course, pas sur celle des autres. J'arrive à 6 h pile poil à Super Collet, au moins c'est ponctuel ! Les bénévoles ont un coup de moins bien, ils ne sont pas très actifs mais ils viennent de passer une nuit blanche, c'est normal. Je reste 10 minutes puis je repars, le terrain suivant est connu jusqu'au refuge des Férices. Je ne suis pas trop mal, comme à chaque fois que j'ai pu manger en fait. Le rythme baisse lorsque je suis loin du ravitaillement, il faudrait que je m'arrête pour m'alimenter mais j'ai beaucoup de mal. Entre le refuge et les crêtes, deux coureurs sont en perdition, un relais et un solo, ils sont à l'arrêt, ça va être très long pour eux...
Les crêtes des Férices sont interminables, j'arrive bien cassé à Val Pelouse. Les accompagnants font trop de bruit, je ravitaille et je me barre. Nous sommes tout un petit groupe et je n'aime pas ça. Je me mets à la fin et je les laisse filer. J'ai envie d'être seul. Jusqu'au Grand Cucheron, c'est long mais dans la forêt, je retrouve Maxime qui attend avec un Orangina à la main. Très bien, ça va m'aider de parler un peu car, comme mon portable a eu sa batterie vidée chez Cédric, je n'ai aucune nouvelle. Je sais qu'Isa a doublé Nico qui lui, a dû s'arrêter car plus de piles dans sa frontale. Michèle et Patrice ont abandonné à FDF. Pas de news de Chantal. Au dernier ravito, il y a Florence mais je ne m'arrête pas longtemps car le roadbook annonce 13 km et 177 m +. Il y aura 19 km et 550 m +. A ce moment de la course, c'est vraiment une mauvaise blague. Dans la forêt, je me fais déposer par 4 solos, mais déposer. Ils vont deux fois plus vite que moi. Je ne sais que penser, je continue. Arrivé sur la route, je peux courir et que vois-je ? 2 des solos turbo à l'arrêt, c'est moi qui les dépose maintenant. Je suis content mais la suite sera encore meilleure puisque les 2 autres sont aussi à l'arrêt et je les passe sans difficulté. Cette route finale est bien chiante, longue, j'ai le dessous de l'avant pied qui doit avoir des ampoules, ça commence à bien faire mal. Je franchis la ligne en 36 h 28 en 23 ième position. Je suis bien crevé et heureux d'avoir terminé ce truc de fous. Les GPS annoncent 150 km au moins et 11 500 m +. Nico arrivera 3 heures plus tard suivi de peu d'Isa. Tous les amis sont là, finishers ou pas, c'est un bon moment...

CR Nico

Ya quoi au programme 2013 ?
UT4M ou échappée belle.
La première s'annonce chiante dans les liaisons entre les massifs mais la date est plus sympa pour la météo.La seconde s'annonce plus sauvage mais le week-end de l'UTMB c'est pluie 2 ans sur 3.
Luc finit par me convaincre que l'échappée belle est celle qu'il faut choisir.
L'année 2013 démarre avec beaucoup de fatigue suite à la saison de ski de fond et la première blessure accompagnée de ses doutes ne tarde pas. Le 100 km de Crest relance la saison avant une nouvelle blessure fin juin et un ice trail tarentaise bien compliqué. Les vacances bretonnes sont là avec ses excès culinaires.Mais là, surprise. De retour de Bretagne les recos par Prapoutel se passent dans une forme incroyable et je me prends à espérer un ultra plein.
Je suis bien dans les premiers kilos mais tout le monde va si vite. Je m'économise, Isa est là à ma hauteur entourée d'une garde rapprochée de mâles trop fiers d'accompagner une nana qui va aussi vite qu'eux.J'avance à une vitesse correcte mais à la Pra l'alimentation ne passe pas. Je suis énervé par l'absence de quartiers d'orange promis par l'organisation.
Isabelle me dépasse dans la croix de Belledonne, elle vole mais je sais la course très longue. Je ne vois pas Luc mais Daniel Boebion m'indique un petit quart d'heure.
Je passe Freydane bien mal en point et ne parviens pas à recharger à Jean Collet. J'avance à petit rythme en perdant des places mais ça peut revenir. Des crampes aux cuisses, c'est clair, l'eau ne passe pas. Pas de la Coche où je me fais offrir un verre de coca et 3 fraises tagada (paraît qu'il y a de la malto dedans).Un peu avant, une fille relais m'a filé un sportenine et de l'homéopathie.
30 minutes de folie dans la vache, je file bon train et double puis la descente et à nouveau la jauge au plus bas. Pierre est là et dans ma tête, j'ai prévu un arrêt d'une heure. Je ne connais pas la suite mais sais que se sera l'horreur. J'arrive à manger, ouf, et je m'allonge 20 minutes pour faciliter ma digestion.
Gleysins se passe bien et je repars avec 3 Marseillais dans Moretan. Il ne faut pas lever la tête car c'est impressionnant les lumières des frontales de ceux de devant. Cédric ? Que fais-tu là ? "Il va trop vite, je rentre".
Et beh...J'estime mon retard à 2h sur Luc et 1 heure sur Isa. Enfin le sommet. J'ai changé mes piles dans la montée et mon éclairage est déjà faible, comment ça se fait ?
Je pars dans la descente passe le névé glacé puis plus rien, le noir. Je descends pas à pas avec la lumière d'un concurrent derrière moi mais mon ombre masque le relief. Je tombe sans gravité plusieurs fois et change d'éclaireur pour ne pas trop les pénaliser. Ils seront 4 à m'aider jusqu'aux tentes salvatrices. Ce problème de frontale (qui n'aurait pas dû être si seulement j'avais lu la notice) m'a fait oublier l'alimentation et je suis au plus mal.
Il est 4h40 et je pars dormir en attendant le jour, réveil 6h30.
Je repars sur un bon rythme mais dans les montée j'avance pas très vite. Des saucisses à super collet me relancent, je crois la course roulante désormais. Férices me rappelle à quel point ce sera dur mais je ne perdrai aucune place de tout le samedi. Pierre est à Val Pelouse et me sert de pacer jusqu'au grand Cucheron. C'est vrai que ça sert un pacer, je ne pensais pas. On double et je reprends beaucoup de temps à Isa. Le dernier tronçon comme pour beaucoup sera une véritable torture et l'éventualité de rattraper Isa me motive. Elle est là sur le bitume, les jambes semblent bien en vrac mais 2 eme féminine c'est du très lourd. Que 50 concurrents devant elle et 117 derrière! On reste 10 minutes ensemble mais on finit par filer vers la ligne qui n'arrive jamais. Maxou est là , ça sent la fin. Ouf, c'est fini ,le top 50 ça me va, les Marseillais de Moretan, avant mon passage à vide sont arrivés il y a 10 minutes . Je me sais bien limité dans les ultras et finis toujours au moral mais le TOE aura été une épreuve bien plus redoutable pour moi que cette échappée belle. Quel sera le prochain ? Il y en aura-t-il un ?

2014
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CR Luc

Revenir à l'Echappée Belle... Oui... Mais pourquoi ?
Parce que c'est le trail le plus technique des Alpes françaises ? Parce que c'est un des plus « sauvages » ? Parce qu'il y a des lacs ? Parce qu'il faut s'y refrotter ?
Bref le temps de trouver une raison, j'étais inscrit pour 2014, tout comme Nico, Michèle et Henri.
Une année de pratiques diverses en montagne, une visite à Moretan comme piqûre de rappel, une dernière quinzaine à casser de la fibre et nous voici sur la ligne de départ. Les différentes offrandes à la déesse météorologique ont été acceptées puisque seule la croix de Belledonne est shuntée pour risque d'orage, Dans les faits, je n'aurai que quelques gouttes insignifiantes dans le col de la Vache.
Bref, une Michèle remontée, un Nico déchaîné, un Henri introuvable au départ et ma pomme pas très fière se tiennent sous l'arche de départ, à 6 h du matin, la frontale prête à en découdre. Cette année, ce sera sans bâtons, je m'étais surpris en 2013 à me demander ce que je faisais avec dans les pierriers, un truc de moins à porter, zou !
Pas une seule fois je ne les regretterai.
Le départ est comme tous les départs de nuit, je me concentre sur les appuis, ce serait trop bête de se faire une cheville sur un angle de trottoir. Nico est là, on échange quelques mots. Je ne le reverrai pas de la course.
Je trouve que j'arrive au premier ravitaillement mieux qu'en 2013, pas forcément chronométriquement mais physiquement. Il fait beau, le peloton s'étire, les premiers lacs suivis des cailloux arrivent. Le refuge de la Pra est atteint à 2 min près sur le temps de 2013. Au départ, en apprenant le retrait de la croix, j'annonce à Cédric 1 h de moins sur les temps 2013. Cela s'avérera exact puisque je serai à Jean Collet à 12 h 19. Grosse forme dans la descente sur le lac blanc, je dépose tous les coureurs des alentours sauf un qui me trace sans ménagement.
Ravitaillement express, puis départ pour la caillasse... Sont-ce les 2 gorgées d'eau froide à la fontaine en partant du refuge ou une mauvaise digestion des bananes mais, je vais passer 2 sales heures en semi hypo jusqu'au pas de la Coche. Je me fais doubler par 4 ou 5 coureurs et la soupe salvatrice de la Coche va me redonner du peps pour le col de la Vache. Je ne perds plus trop de places et nous sommes 3 à arriver en même temps au Pleynet. Ce détour par le Pleynet est longuet mais il faut courir pour ne pas perdre trop de temps. Les garçons sont là, ils font quelques centaines de mètres avec moi, c'est plaisant.
Au Pleynet, il y a du monde qui est venu nous voir, c'est bien motivant. On discute pendant que je refais les niveaux, les changements de vêtements. Florence m'apporte des pâtes, je mange, je bois et il faut repartir. Nico n'est pas arrivé...
Démarrage en descente, pas très joli mais ça file... Arrivé au FDF, heureusement que je connais, petit virage sur la droite pour filer sur la Martinette. Je cours mieux que l'année dernière, j'arrive au pied de la montée à la grande Valloire. Le début ne se passe pas trop mal mais la suite va être un vrai calvaire. C'est très humide, étouffant, je ruisselle... Obligé de me tremper la tête dans les torrents. Seule la sortie de la forêt me sauvera quelque peu. Il y a une mer de nuages, c'est magnifique.
Je me retape un peu jusqu'au lac Léat et ça revient pas trop mal aux Gleysins. Je ravitaille copieusement et repars dire bonjour à Monsieur Moretan. 2 h 30 pour monter, pas top top...
Bien paumatoire la montée avec le brouillard mais mon Armytek fait merveille, les 1000 lumens sont de la partie et je ne me perdrai pas.
J'ai repéré la descente cette année, je sais où l'on va. Mentalement ce sera mieux, physiquement aussi, je peux courir sur la piste finale. La montée à Super Collet, se fera Super lentement mais sûrement et c'est toujours avec presque 1 heure d'avance sur 2013 que je passe à Super Congélo. Jambières, buffs, gants, seconde couche... tout est mis.
Il faut manger et … repartir.... col de Claran.... Bouillasse-land jusqu'au pied des Férices. J'ai envie de chocolat, pourvu que les bénévoles du refuge en aient.
Du chocolat au lait en emballage plastique transparent, d'habitude, je ne le regarde même pas, là, je prends tout ce qu'on me donne et j'aime. Merci les gars.
Ensuite, jusqu'à Val Pelouse, c'est un peu la grosse galère aussi, ça tricote, ça remonte, ça remonte, ça remonte, ça remonte, puis des vaches, un virage à gauche dans le brouillard et, Val Pelouse. Ma femme, mes fils, de la nourriture et l'assurance de finir avec Maxime mon second fils. Il va faire 32 km, + 1500 m et – 2700 m, il sera calme quelques jours. De vraies myrtilles, les premières hallucinations en forêt... le Grand Chat...
Looongue descente sur le Pontet, il est où le Pontet ? Maxime trouve ça long, moi cela fait longtemps ! On se fait doubler et on y arrive.
6 quartiers d'orange plus tard, on repart dans une montée bien sévère. On sait que c'est pour 500m+, on navigue à l'altimètre. On arrive à la fin de la montée, c'est vrai ?
Et c'est parti pour le final. J'ai les pieds en miettes mais je ne veux pas me faire rattraper. Un coureur nous dépose, je n'ai pas eu le temps de voir la couleur de son dossard. Je prends la roue mais je n'arrive pas à suivre. Je ne saurai plus tard que c'est un coureur du 85. Je cours au max des possibilités qui me restent. C'est con, mais je ne sais même pas combien je suis mais, je ne veux pas perdre de places.
J'arrive, tous les amis et la famille sont là. C'est bien dur de courir avec des pieds en puzzle.
20ième en 34 h 40, content.

CR Nico

Il croyait pouvoir chasser le chrono sur une course de plus de 30 heures !!
Non mais ça va pas la tête !!
Bref, refaire l'EB dans la but d'améliorer son chrono ce n'était pas une bonne idée et j'aurais du m'en douter.
La connaissance du parcours et son fameux Moretan est un avantage indiscutable mais le physique et le mental restent les pièces maîtresses de la réussite sur ce trail titanesque. Pas de problème de préparation cette année mais toujours ces éternels doutes sur ma capacité à m'alimenter après 5h de course.Le GRQ en juin fut une terrible désillusion avec un arrêt au kilomètre 105 pour cause de panne de moteur (non ,c'est pas vrai, j'ai pas vomi en sortant du ravito!).Et pourtant...
Bref, un 75 km super rassurant dans les Pyrénées en juillet et me voilà à espérer cet ultra plein que je recherche depuis des lustres. Beaucoup d'étirements la quinzaine précédent la course et du déniv avec Pierre ou sans lui dans la Muzelle et environs.
Un bon repas la veille et zou , c'est parti.La mécanique marche impec, j'ai l'impression d'aller plus vite qu'en 2013 et sans bâtons. La stratégie ? Prendre le temps aux deux premiers ravitos et boire davantage.Je me sens super à Arselle (il vaut mieux) et la Pra se profile mais j'ai 5 minutes de retard sur 2013.Je prends mon temps mais en repartant, je sens que ça plafonne en montée, bizarre, j'ai fait tout ce qu'il faut ? Pas de croix de Belledonne, tant mieux, je ne suis pas fan, et Freydanne sera bien compliqué, merde ça recommence. Jean Collet est là, je me sens tout de même mieux qu'en 2013 et l'arrêt est bien plus court.En repartant, je constate que je suis dans le rythme.Le col de la mine de fer se passe très bien et la Brèche fendue aussi mais derrière à nouveau la panne sèche et beaucoup de coureurs me passent. Je n'arrive pas à recharger avant le col de la Vache et la montée me fait très mal.Tout autant que la longue descente jusqu'au Pleynet. J'arrive dans un sale état, en hypoglycémie depuis des heures et l'abandon se profile. Les soutiens sont là et c'est un réconfort de voir Marco, François et la famille. Je pars m'allonger pour je ne sais combien de temps...Marco trouve les mots pour me faire repartir après une alimentation satisfaisante. Au moins une heure d'arrêt mais ce n'est pas grave. Je repars avec Pierre mais je suis fatigué. La grande Valloire sera mon pire moment.Interminable et raide. Gleysins, et à nouveau un repos d'une heure derrière les bâches sans savoir si je repars. Je réfléchis longuement car devant c'est 3h de montée qui m'attend.
Je suis reparti et regarde ma montre tous les +100m. Le rythme est petit mais je maintiens mon rang et double même des concurrents à bout de force et surpris par le col. La descente, à la lumière cette année, mais pas de repos en bas, du coup, je repars en petite foulée , le jour se lève et une autre course commence.
C'est très dur de monter à Super Collet et tout autant sur les crêtes de Férices. Mais mon pacer est là et même si le chrono est mauvais, je sais que je vais finir désormais. On chasse avec Pierre, c'est cool et la fin de la course me remplit d'endorphines pour tout le mois de septembre. 55 ème, c'est moins bien qu'en 2013 mais plus inquiétant, je ne souhaite plus faire d'ultra sans un véritable diagnostic et protocole médicaux afin de ne pas recommencer ces terribles problèmes d'alimentation. Ça ne s'améliore pas avec l'âge visiblement....

2015
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CR Luc

Me voici de nouveau au départ de cette superbe course. Je suis en pleine forme, la préparation a été optimale durant cet été très chaud.
J'ai refait la boucle Moretan / Vay avec Jacques et tout roule.
La météo du départ est impressionnante, il va faire très chaud et grand beau. Nous passerons à la croix de Belledonne. Feu !
Départ donné...
ça part vite, je perds un bidon, dois m'arrêter le récupérer, quel boulet !
Je passe dans les 30 au premier ravito où se trouve Daniel Boébion qui m'encourage. Le spectacle est grandiose, la lumière exceptionnelle. Tout va bien, je bois, je mange et j'avance. La Pra est atteint même en avance sur les temps des années précédentes. Je ravitaille copieusement et repars en gagnant quelques places.
Lors de ma montée à la croix, je ne croiserai pas le premier mais tous les autres dont Emilie Leconte qui a déjà bien 30 minutes d'avance sur moi.
Jean Collet, je ravitaille en prenant mon temps, je suis dans les 20/25, tout va bien.
Pas de coup de bambou cette année dans la mine de fer. Je mange une soupe de pâtes à la Coche et monte à la Vache en me trempant dans les torrents pour lutter contre cette chaleur. C'est super agréable.
L'arrivée au Pleynet est toujours aussi longue mais j'arrive pas trop entamé. Je n'arrive pas à refaire les niveaux de l'alimentation, l'assiette de pâtes n'arrive pas à passer alors j'avale 4 yaourts et un diabolo menthe et file vers la suite.
La montée à la Valloire va être un vrai calvaire, mon tube digestif fait des siennes. Je suis obligé de m'arrêter 3 fois pour vidange gastrique mais j'ai mal au ventre, ça ne passe pas...
J'émets des doutes sur la suite, je ne peux pas manger, pas trop boire... Je continue...Arrivé au lac Léat, on me propose de l'eau gazeuse qui va me sauver, je me mets à transpirer à grosses gouttes en descente, un vrai sauna !
J'ai l'impression que la digestion se fait maintenant, mais j'ai laissé des plumes...Arrivé au Gleyzin, Maxime va faire le pacer, je ne peux pas bâcher là avec cette météo exceptionnelle. Je dis à Maxime qu'on continue, on verra bien...
La montée est fabuleuse avec la pleine lune et l'atmosphère pure. Je me suis refais une santé, j'arrive à manger, c'est revenu ! Je pense pouvoir finir !
T-shirt à Moretan en pleine nuit !
La descente sera longue mais se passe bien. Je pense que j'aurais dû plus manger à ce moment car dans la remontée sur Super Collet, c'est le vide absolu, le ventre coupé, les jambes vides. Obligé de m'arrêter 4/5 fois pour m'asseoir, je n'ai plus de jus du tout. Je ne peux plus manger, comme avant Gleyzin.
C'est un vrai calvaire pour rejoindre Super Collet.
Je décide de dormir 30 minutes pour laisser la digestion repartir. Il n'en sera rien. Pesant le pour et le contre, je décide de rendre mon dossard, je ne veux pas m'engager sur les 47 km restants dans cet état, ce ne serait pas raisonnable.
J'aurai fait 95 km et 8500 m+. J'étais encore dans les 20 mais mon état était vraiment trop critique pour continuer, il faut que la course reste un plaisir. Ce sera sûrement pour l'année prochaine...



2016
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CR Nico

Pourquoi retourner dans cet enfer ? Parce qu'on aime ça pardi !
L'échappée belle, c'est ce truc auquel vous pensez quotidiennement dès que vous êtes inscrit et cette année, il ne fallait pas trop tergiverser car la course fait le plein. Prépa classique en terre bretonne avec une piqûre de 90 km fin juillet bien rassurante suite à de long mois sans ultra. Nous voici au départ la bande de 3 avec T1000 et Michèle. En pleine possession de mes moyens et heureusement car bientôt, il n'en restera pas grand-chose. Départ en dedans mais pas trop. De toutes façons, dès que c'est raide je perds du temps sur les autres. Passage à Arselle dans les 80, la course n'a pas encore démarré, je prends mon temps sans plus. J'essaie de respecter le protocole qui a bien fonctionné fin juillet à savoir 1 bidon BCAA heure + 1 gel BCAA heure + 1 barre antioxydant heure. Il est trop tôt pour savoir si ça fonctionnera. Et nous voilà parti pour un marathon à + de 2000 mètres d'altitude !!!!!!!!
La Pra, l'heure de vérité pour moi car il y a 2 ans j'avais déjà mal aux jambes et il y a 3 ans, j'étais bien entamé. Là, il n'en est rien et en plus je peux compter sur le soutien moral et logistique de Marco et Gaëlle, c'est cool ; je trouve les montées courtes et ça c'est une bonne nouvelle quand on a l'habitude de perdre des places en bosse . D'ailleurs, je ne perds plus de place depuis Arselle, c'est bon signe car je ne force pas l'allure pour autant. Pic de Belledonne, déjà très chaud.Je fais une montée correcte alors que T1000 descend avec près de 45 min d'avance, c'est beau ça ! Jean Collet où j'arrive en manque d'eau, je ravitaille correctement, les jambes sont pas trop détruites et déjà autour de moi, la chaleur et le parcours font des dégâts.
Mine de fer avec Malejonock qui me distance finalement, je suis pas mal et ne coince pas comme il y a 2 ans. Habert d'Aiguebelle, là ,on sens que la course rentre dans le dur. Des concurrents de partout liquéfiés sous la tente ravito ou allongés dehors en plein cagnard. Je reste peu car difficile d'avaler quoi que ce soit. Je gagne des places mais pas en course, c'est plutôt à la faveur des abandons. Col d'Aigleton, un nouveau venu qui m'avait fait rager la veille au soir. La surenchère du d+ ! Il passe bien même si les dernières minutes droit dans la pente sont rudes. Le col de la Vache. Moi qui croyais le récupérer plus près du sommet... On se tape les parties raides dans l'herbe. Je me mouille dès que l'eau est présente, la chaleur est forte.
Ma vitesse n'est pas terrible mais elle est constante sans coup de bambou. Dans la descente sous le lac des 7 laux, les crampes me prennent les 2 jambes, obligé de s'arrêter pour étirer tout ça. Elles passeront comme en 2013. Je rentre dans l'approche du Pleynet avec la certitude de repartir ce qui n'est déjà pas si mal. La frontale est en marche. Lucho est là, mal en point, bide en vrac et crampes aux aguets. Je lui ai repris 20 minutes dans l'après-midi. Je mange difficilement et peu, il faut tenir cette nuit et après c'est sauve qui peut pour tout le monde. La grande Valloire est dure et longue mais heureusement qu'on est 2 sur les 2 tiers de la montée, on papote et je rattrape Malejonock dans la descente. Elle me dit qu'elle est à bout de force et qu'elle va arrêter. Je lui réponds de prendre son temps à Gleyzin et qu'elle verra ensuite. Je pars dormir 20 minutes car côté bide, c'est bloqué. Au réveil, je mange peu et repars dans le juge de paix, le monstre Moretan.
Je perds des places et n'avance plus.
Il me faut plus de repos et décide de dormir 1h au refuge de l'Oule. Une soupe au réveil et zou. Je suis en retard et passe la descente au petit matin.
Je double quelques concurrents qui n'ont pas dormi, notamment la 3eme féminine et monte vers la Pierre du Carre par la nouvelle trace. Je vais mieux et voilà Super Collet où j'assiste au départ du 47 km de Maxou. Ils sont tous là bas en train de courir sur ce sentier large en bosse. Mary, Florence, Luc, Daniel Boébion sont là et ça fait du bien. Maintenant, il suffit de mettre un pied devant l'autre car les vitesses sont érodées pour tout le monde.
La chaleur revient et je fais trempette dans le torrent avant la montée aux Férices. Très dur, vidé et je mange des bricoles au refuge puis repars dans le dur. Les autres ne sont pas mieux et les places sont bien fixées. Heureusement que je connais le parcours, je ne me laisse pas surprendre par tous ces coups de cul le long des crêtes. Hélas, pas possible de courir sur les parties roulantes, en balcon, ça c'est pas cool. Val pelouse, ça commence à sentir l'écurie. Le soutien moral de la famille fait du bien et je repars doit dans la bosse. Je n'avance plus mais me dis que ça va revenir. Je fais une très belle montée du grand chat avant de voir débouler Malejonock au pas de course!! Elle finira 8 places devant moi, quelle coureuse !
Je perds des places mais compense avec les abandons aux ravitos. La pluie s'invite dans la descente sur le Pontet. Elle me fait du bien et rafraîchit l'organisme. Les loupiotes refont leur apparition. Je vais finir pour la troisième fois. Ravito express au Pontet car de toutes façons je ne peux presque pas manger.
Il faut en finir !!
Je repars le couteau entre les dents , avale la montée mais pas la descente interminable et ,qui plus est, transformée en savonnette boueuse par la pluie. Un bâton me permet de me rattraper sur tous ces appuis fuyants, je savoure ces instants rares. Finir un ultra de plus de 40 heures, quel pied ! Les endorphines sont en approche. Aiguebelle enfin, je me retourne, une lumière se rapproche. Un concurrent du 87km ou du 144 ? Dans le doute, je me mets à courir et bien m'en a pris car le 44 ème finit à une poignée de seconde et m'aurait volé mon plaisir en me passant sur la ligne comme si finir 43 ou 44 avait de l'importance. Et bien si ça en a quand on est compétiteur. La passe de trois sur cet ultra hors norme, ça suffit comme ça et une version en duo avec T1000 se profile pour 2017 maintenant que l'on connaît tous les cailloux, ou presque….....

CR Luc

Le mal de bide de 2015 m'avait fait plier à Super Collet alors que j'avais de super sensations confirmées par la place à laquelle j'évoluais même en déroute après Périoule...
D'ailleurs, cette année mes temps de passage étaient plus modestes mais le scénario a été lui aussi différent.
Ligne de départ, Maxime nous dépose avec Nico et Michèle avant de se rendre lui aussi au départ de sa course dans 24 h, le parcours des Crêtes de 47 km pour ses 18 ans.
Il fait beau et chaud, je me dis qu'il va vraiment falloir s'hydrater correctement et faire attention au bide car c'est comme l'année dernière au niveau météo. Le départ est donné, je pars sur mon train d'ultra et enfile le mp3 au bout de 45 min. Les sensations sont bonnes, je ne veux pas trop regarder les temps de passage car je ne veux griller aucune cartouche.
Marc et Gaëlle sont à la Pra, c'est super sympa mais trop court, je ravitaille en discutant mais il faut déjà repartir. La montée à la Croix se fait correctement, je bois, je mange, tout va bien. Je croise Nico qui monte alors que je suis presque à la bifurcation avec Freydanne. Il a l'air bien, tant mieux !
Alors que tout allait, bien, une première alerte crampe se fait sentir à l'adducteur gauche sur la petite remontée de Freydanne.

Si tôt ! Je prends ça au sérieux et laisse passer deux concurrents pour prendre des gels dans mon sac et m'alimenter en conséquence. Je bois, je mange. Plus rien, plus de crampe. La descente sur Jean Collet se passe bien. Au ravito, je fais le plein, mange une soupe et repars. L'enchaînement des deux cols suivants m'a déjà joué des tours donc je les prends au sérieux...
Tout passe bien, je bois toujours régulièrement, les sensations sont bonnes. Arrivé au pas de la Coche, je sens que quelque chose ne tourne pas rond, je commence à être dégoûté par l'alimentation mais il faut que je mange. Au Habert d'Aiguebelle, je suis presque en hypo, je mange une soupe de légume, je bois, je refais les niveaux et je m'assois 5 minutes. Il n'y a rien à ce ravito, c'est vraiment dommage...
J'attaque le nouveau col pas très vaillant et soudain, ce sont les crampes qui arrivent, adducteurs, mollets, quadriceps, la totale ! Je suis obligé de m'arrêter 3 ou 4 fois pour faire passer tout ça. Des pauses de 4 à 5 minutes pour espérer repartir. Je me fais doubler par quelques concurrents mais certains sont encore plus mal en point que moi. Au col, un bénévole me donne du salé mais les jambes ont reçu sévère !
Je remplis les bidons dans le torrent de la descente et m'enfile près d'un litre d'eau en 10 minutes. Les crampes ont l'air de me laisser tranquille, la progression redevient correcte. La Vache passe pas mal, je suis de nouveau en course. Je bois toujours pas mal. Dans la descente sur le Pleynet, je me dis que tout est revenu, les jambes sont nickel, je discute avec un concurrent corse très sympa et on arrive ensemble à bonne allure juste avant la nuit. Pas besoin de la frontale !
Difficile de manger au Pleynet, pourtant il y a Florence qui a dévalisé 5 boulangeries, Jacques qui vient aux nouvelles, Cédric et Maxime qui foncent chercher tout ce que je leur demande. Bref un ravito six étoiles !
Je dis à Marylène que Nico ne doit pas être loin car j'ai vécu l'horreur pendant 2 h 30. Et Nico arrive 20 minutes après moi.
Je n'ai pas pu trop manger mais il faut repartir, j'avais de bonnes jambes en arrivant au Pleynet, ça va être bon la suite !
Et bien non ! Dès les premiers mètres de descente, les quadiceps sont hyper douloureux. Je mets ça sur le repos au Pleynet, ça va se réchauffer... Rien à faire, c'est très douloureux à l'impact, au toucher, bref c'est la misère !
Je ne peux plus courir autour du lac du FDF, obligé de marcher. Et même à la marche, c'est douloureux. Je réfléchis et conclus rapidement que le Doliprane, c'est hors de question, je ne veux pas utiliser de produits pour finir un ultra. Mais qu'il me reste 85 km et que dans cet état, ce n'est pas envisageable. Je n'en suis pas à mon premier ultra, je sais que je ne suis pas dans mon état physique normal, les crampes ont laissé des sequelles à mes muscles, je ne veux pas finir en mode zombie. Surtout à ce stade de la course !
Bref, clignotant avant la montée à la Valloire, cela aurait été un calvaire d'aller au Gleyzin et place à l'assistance de Nico et Maxime, ça, je n'ai encore pas fait !
C'est sympa aussi de voir ce côté de la course...